Fred Herpoel a choisi la rentrée pour changer de monde. Mais pas d’univers. La démission de l’entraîneur du FC Havré (P2), club dont il est vice-président, a précipité les choses. Et avant même qu’il n’annonce sa décision de remiser ses gants, le voilà promu entraîneur principal de son club de cœur, alors qu’on le voyait plutôt comme entraîneur des gardiens en D1. "J’allais annoncer que je restais ouvert à toute proposition dans le milieu du foot, sans être certain qu’une opportunité se présenterait" , signale celui qui a fêté ses 36 ans le 16 août dernier.

Fred Herpoel, vous n’avez vraiment reçu aucune proposition ?

Freddy Luyckx, mon agent de toujours, a sondé deux clubs : le GB, où Pacovski s’est blessé gravement, et Anderlecht, où Schollen était aussi sur le flanc. Les Anversois ont décidé de faire confiance à deux Belges, ce que j’applaudis, tandis que le Sporting était paré. Une proposition est arrivée de Chypre, mais j’avais un mauvais pressentiment Ayant des activités en Belgique, je préférais rester ici. Waasland-Beveren ainsi que le FC Liège et Heppignies m’ont contacté, mais c’était la D1 ou rien. Je voulais boucler la boucle, comme on dit.

Vous la bouclez à Havré, là où tout a commencé quand vous aviez 7 ans.

Avec mon associé Rico Zara, on a tout reconstruit il y a 10 ans. Ce club, c’est notre bébé. Mais si j’échoue dans mon nouveau rôle, on ne sera plus crédibles comme dirigeants et on se retirera. Lorsque je m’engage dans un projet, je fais tout pour le mener à bien, qu’il s’agisse de la D1 ou de la Provinciale. D’ailleurs, c’est de là que je viens et je le sais. Ma seule déception est de ne pas avoir terminé ma carrière sur un terrain de D1. Un jubilé n’est pas à l’ordre du jour, mais pourquoi pas ?

Allez-vous essayer de décrocher un diplôme ?

Non ! Par contre, le jour où la fédération organisera une formation sur la gestion de 25 individus aux caractères différents, cela m’intéressera. Que Preud’homme, Scifo, Ceulemans et les autres doivent suivre des cours constitue un fameux manque de respect. J’estime que tout un chacun ayant un vécu de footballeur est capable de mettre sur pied un entraînement.

Quel bilan tirez-vous de votre carrière ?Mes presque 400 matchs de D1, on ne me les enlèvera pas et j’en suis fier. Tout comme d’avoir participé à une Coupe du monde, à un Euro et à des rencontres de Coupe d’Europe. J’ai travaillé dur pour tout cela.

De quoi êtes-vous le plus fier ?

De deux choses. Premièrement, d’avoir pu faire mon écolage à Anderlecht, avant d’intégrer durant 5 ans le noyau pro au milieu d’une génération extraordinaire. Ensuite, c’est de détenir le record d’apparitions - plus de 330 matchs - sous le maillot gantois. Une réelle fierté en tant que Wallon.

Un regret ?

Jouer une Coupe du monde était un rêve de gosse. Un an avant celle-ci, Robert Waseige avait annoncé que ses sélectionnés seraient titulaires dans leur club. Cela m’avait incité à repousser l’offre du Liverpool de Gérard Houillier en 2001.