Et-ce que l'Union belge est disposée à casser sa tirelire pour payer un entraîneur réputé qui pourrait renverser la vapeur? Non. «On ne va pas offrir de salaire trois fois plus élevé que celui d'Aimé Anthuenis », dit Germain Landsheere, le trésorier sans qui aucun euro n'est dépensé. «On doit avoir du respect pour nos propres coaches, ce serait injustifiable de prendre un étranger. D'ailleurs, ce n'est pas l'entraîneur qui sera sur la pelouse, et ce n'est certainement pas lui qui marquera les buts. Est-ce que vous croyez vraiment que cette campagne loupée est de la faute d'Anthuenis?»

Landsheere explique pourquoi des salaires de 500000€ sont exclus. «La Grèce, championne d'Europe, a offert un salaire mirobolant à Otto Rehhagel. Il n'a pas réussi à qualifier son équipe non plus. Ce job n'est pas le même qu'un métier d'entraîneur de club, qui a un, deux ou trois matches par semaine. Un entraîneur fédéral en a six ou huit par an. C'est normal qu'il ne soit pas si bien payé. Cela dit, Aimé n'a pas à se plaindre. Son salaire est tout sauf bas.»

En effet, Anthuenis a un salaire brut qui avoisine les 275000€, dont une bonne partie a été payée par Anderlecht pendant les deux premières années de son contrat.

Puisque l'Union belge fait une énorme perte financière en loupant la Coupe du Monde, Landsheere doit faire des économies ici et là. Est-ce que les joueurs en seront les victimes lors des prochaines discussions concernant les primes? «Cela dépend de nos adversaires, dit Landsheere. Mais il est clair que je ne suis pas partisan d'un système dans lequel la prime de victoire (NdlR: 3720€) est identique pour un match contre l'Espagne et contre Saint-Marin.»

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