Retour en 1954. L’année de référence, celle de toutes les idées novatrices. Pendant que Gabriel Hanot, ancien international français devenu journaliste sportif à "L'Equipe" , planche sur un projet de compétition européenne interclubs, en totale concertation avec ses collègues Jacques Ferran et Jacques de Ryswick et ce, quelques mois avant de porter le Ballon d’or sur les fonts baptismaux, Charles Baete (ex-joueur du Beerschot et du Racing de Bruxelles), très british dans ses convictions soit dit en passant, s’inspire résolument du Footballer of the Year, une distinction décernée outre-Manche depuis la saison 1947-48 par l’association des journalistes de la presse écrite spécialisée en foot et dont le premier vainqueur fut Stanley Matthews, futur premier Ballon d’or également.

Attaché à l’époque comme collaborateur sportif au "Het Laatste Nieuws", Charles Baete crée ainsi le Soulier d’or. Rik Coppens, surnommé l’enfant terrible, remporte la première élection qui se déroule fatalement en petit comité. Logique. Depuis plusieurs saisons déjà, le buteur du Beerschot n’en finissait plus de planter des buts au Kiel et sur les autres pelouses du royaume. Et lors du Mondial helvétique en 54, il avait pris un malin plaisir à semer le doute dans la défense anglaise, signant un des quatre goals rentrés par des Diables aussi valeureux que culottés (4-4, score final).

Déménagement à Lint

Après ces temps héroïques qui virent d’illustres inconnus décrocher la timbale comme les Lierrois Fons Van Brandt et Lucien Olieslagers, le Soulier conçu par Charles Baete sera ensuite chaussé par d’authentiques pointures dont la liste serait trop longue à énumérer. Paul Van Himst s’offrira même deux paires. Un record qui ne sera (plus) jamais battu.

Le 22 janvier prochain sera donc dévoilé le nom du 60e lauréat et pour la première fois depuis belle lurette, la cérémonie ne se déroulera pas dans un des casinos art déco du Littoral mais bien en terre anversoise. Plus précisément à Lint, une charmante commune anversoise de 8 000 âmes et qui bat franchement pavillon N-VA (37 % des voix aux dernières élections).

Là-bas, à l’Eurocam Media Center, la chaîne VTM possède toutes ses aises, ayant à sa disposition l’infrastructure adaptée à la retransmission de ce gala tout en paillettes, petits fours et, surtout, décolletés plongeants. Mais de là à imaginer que ce soit Silvio Proto qui inscrive son nom au palmarès, ce n’est vraiment pas gagné du tout. Car un autre Wallon semble tenir la corde. Vous savez lequel.

Mais pour d’aucuns, ce Soulier 2013 sera davantage plaqué or que 24 carats car il risque fort de récompenser un Espoir qui a encore tout à prouver plutôt qu’une valeur confirmée. La raison en est simple. Notre D1 est à court de cadors et pour John, le fils de feu Charles Baete, la formule ne tient plus la route : "Cela fait des lunes que je ne renvoie plus mon bulletin de vote…"