Un ballon qui pousse son dernier soupir, et voilà que tout le petit monde du football belge est empêché de respirer. Depuis plus de vingt-quatre heures, tous les spécialistes sont, en effet, à bout de souffle à force d'avoir consulté d'un bout à l'autre et dans tous les sens le règlement de l'Union belge en matière de faute technique d'arbitrage. M. Gumienny en a-t-il commis une en validant le but de Baseggio alors que le ballon qu'il venait de frapper de volée avait rendu l'âme avant de pénétrer dans les filets de Silvio Proto? Seuls les membres du comité sportif, après avoir pris leurs renseignements auprès de la commission centrale des arbitres, auront le pouvoir de trancher le litige né de la plainte, officielle, déposée par les Louviérois. Très sincèrement, et quelle que soit la nature du verdict, nous demandons simplement qu'il tombe au plus vite pour ne pas fausser un championnat qui, ce week-end, a connu une nouvelle cassure peut-être déjà décisive entre le duo de tête et leurs principaux rivaux, dont une surprenante formation de La Gantoise, désormais propriétaire de la troisième place du podium. Mais rien ne dit donc que La Louvière, qui pointe désormais à douze et à huit unités de Bruges et d'Anderlecht, ne comblera pas une partie de son retard s'elle est invitée à revenir au Parc Astrid et s'y impose comme il a eu, samedi, l'opportunité de le faire. Maintenant, sur le strict plan de l'éthique sportive, avouons qu'il n'y a, si l'on excepte les écrits du règlement, aucune raison légitime de faire rejouer une rencontre qu'Anderlecht, sur le terrain, a gagnée avec un ballon rond et... plat! Une victoire laborieuse, certes, victoire qui n'a pas dissipé le gros nuage de doutes qui pèse encore et toujours au-dessus de l'équipe, mais victoire qui a néanmoins démontré que les joueurs, dans l'adversité, pouvaient toujours former un bloc. Un atout sur lequel ils risquent de devoir s'appuyer mercredi à Sclessin à l'occasion d'un classique de notre compétition, sauf qu'il va, cette fois, opposer deux équipes toujours à la recherche de la bonne confiance. Car la victoire du Standard à Mons n'a pas, elle non plus, gommé les trop nombreuses erreurs techniques de joueurs liégeois que l'on devine habités, comme les Anderlechtois, par la peur de mal faire. Un sentiment qui n'a jamais quitté les protégés d'Emilio Ferrera depuis qu'ils ont retrouvé la division 1. Car si mercredi, à domicile, le FC Brussels ne prend pas la mesure d'une équipe ostendaise qui court toujours derrière sa première... victoire, l'heure risque d'être encore plus grave à Molenbeek qu'elle ne l'est à Anderlecht!

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