Les années se suivent et... se ressemblent. C'est exactement ce que ressentaient les supporters du Standard lorsqu'ils entonnèrent sur l'air des lampions: «Comme chaque année, on s'fait b...»

Car, samedi soir à Sclessin, il n'y avait pas que les Ultras Inferno qui s'étaient mis en grève. L'équipe du Standard n'a jamais fait illusion face à une modeste formation du Brussels complètement décimée par les nombreuses indisponibilités.

Emilio Ferrera était, en effet, contraint à reprendre dans son effectif des joueurs qui n'avaient même pas eu l'occasion de disputer la moindre seconde de jeu l'année dernière lorsque le club de la capitale militait encore en... D 2!

Mais peut-on réellement parler d'exploit face à une équipe liégeoise aussi amorphe? Les ouailles d'Emilio Ferrera ne doivent leur succès qu'à leur courage et à la maîtrise tactique d'un entraîneur clairvo- yant. Mais aucun Bruxellois n'aura l'outrecuidance d'affirmer que l'adversaire du jour était flamboyant et performant.

Le superbe but des 30 mètres d'Eric Deflandre n'aura été qu'un éclair dans un brouillard qui s'épaissit de jour en jour. À tel point qu'on se demande encore si les joueurs du Standard connaissent encore les points cardinaux tant l'absence d'un fonds de jeu cohérent s'est fait ressentir chez les Rouches. Une ineptie quand on compare les deux formations opposées sur la pelouse de Sclessin...

Les supporters ont-ils raison de s'en prendre à Dominique D'Ono- frio? L'entraîneur est-il l'unique responsable d'une campagne de transferts rocambolesque durant laquelle toute une équipe est remplacée par une autre? Doit-on l'incriminer de ne pas inculquer des automatismes à une formation composée de joueurs qui ne se connaissent que depuis quelques heures?

À l'issue de ce non-match, l'entraîneur liégeois résuma parfaitement l'état d'esprit ambiant: «Vivement mercredi que tout cela se termine...»

Même les joueurs ne se retrouvent pas dans l'équipe puisque la plupart d'entre eux ne comprenaient pas, malgré la suspension de Wamberto, pour quelles raisons l'équipe victorieuse au Cercle n'avait pas été reconduite pour affronter le Brussels ce samedi.

«Un joueur du Standard m'a affirmé que de toute manière, il ne serait plus là mercredi», avouait un Alan Haydock complètement désabusé par ce qui s'était produit quelques minutes auparavant.

Car, comme d'habitude, la saison du Standard ne commencera que le 1er septembre, soit le lendemain de la clôture du marché des transferts. Et il faudra encore du temps avant que la sauce ne prenne. La mayonnaise a déjà tourné et l'arrivée de nouveaux joueurs ne gommera pas les départs de Moreira et de Bisconti qui formaient l'ossature du Standard. Si Dragutinovic quitte Sclessin, il n'y aura plus que 7 joueurs du noyau de l'année dernière. C'est bel et bien toute une équipe qu'il faudra encore rebâtir. Comme toujours...

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