Fatigué mais content. Au lendemain de la qualification pour la Coupe du monde, Alain Courtois, secrétaire général de l'Union belge de football, fait ses comptes. Et se réjouit: «La Coupe du monde, il faut y être car c'est LE rendez-vous qui se respecte, celui qui permet d'augmenter la notoriété d'une équipe nationale. La participation à cette compétition conditionne donc pas mal de choses par la suite. Mais sur le plan strictement comptable, une telle compétition ne rapporte qu'entre 10 et 15 millions de BEF (entre 250 000 et 370 000 €).» Pas d'emballement excessif, donc, car pour le voyage prévu en Corée du Sud et au Japon, les postes des dépenses et des recettes ne seront pas loin de s'équilibrer. Passage en revue.

Du côté des recettes, chaque rencontre - quel que soit le niveau: premier tour, huitième, quart, demi-finale ou finale - disputée lors de la prochaine Coupe du monde rapportera environ 25 millions de BEF (620 000 €) à la Fédération belge de football. Il faut donc espérer aller le plus loin possible mais à ce stade, l'Union belge ne peut raisonnablement tabler que sur 75 millions de BEF (1,86 million d'euros) à coup sûr - soit les 3 matchs du premier tour.

A ces 75 millions de BEF, s'ajoutent une (petite) participation aux éventuels bénéfices engrangés par l'organisation ainsi que des indemnités perçues chaque jour pour la présence de la délégation (entre 30 et 35 personnes) sur place. Enfin, dans la colonne des recettes, on peut ranger également les montants perçus pour le merchandising ciblé autour de l'événement (ventes de casquettes,...), «mais qui n'atteignent au maximum qu'une dizaine de millions», précise le secrétaire général.

Quant aux dépenses, elles devraient se chiffrer, à la grosse louche, à une centaine de millions de BEF (2,48 millions d'euros) se répartissant en plusieurs postes: les primes qui seront accordées aux joueurs - elles seront négociées dans les prochains mois -, les montants ristournés aux clubs pour la «location» de leurs joueurs, l'organisation des rencontres de préparation, les voyages, les frais de logistique sur place pour toute l'équipe et le personnel entourant celle-ci ainsi que l'important poste «assurances».

Précision importante: aucun sponsor (principal) ne sera recherché pour l'événement. «Une des règles chez nous est de ne pas recruter de sponsor en fonction de l'éventuelle qualification à une compétition européenne ou mondiale». Les sponsors s'engagent donc sur base annuelle. Aujourd'hui, l'Union belge peut compter sur le soutien de 13 «main sponsors» (Jupiler, Dexia, Peugeot, Adecco...) qui s'acquittent d'une somme (raisonnable) de 10 millions de FB (250 000 €) par an. «C'est beaucoup moins que dans la plupart des pays étrangers mais notre objectif prioritaire est de pouvoir disposer de sponsors fidèles à long terme. Ces sponsors estiment, à juste titre, que l'équipe belge constitue le meilleur vecteur publicitaire pour pénétrer le marché belge de Virton à Ostende», estime Alain Courtois. Un Alain Courtois qui a pris une part prépondérante dans la transformation de l'Union belge en une entreprise rentable et qui touche aujourd'hui les dividendes de cette évolution: il y a quelques jours, l'Union belge a cédé (pour 140 millions de FB pour 5 rencontres par an, soit 5 fois plus, dit-on, que dans le contrat précédent) les droits de télévision de l'équipe belge à RTL-TVI, au nez et à la barbe de la RTBF.

© La Libre Belgique 2001