ENTRETIEN

En poussant le trait un peu loin, on peut dire que la saison commence maintenant seulement pour vous.

Il était grand temps. Nous en sommes déjà à la 5e journée de championnat. La Coupe d'Europe débute également très bientôt. Il me tarde de renouer avec la compétition. Je suis sur le point d'y parvenir. Tant mieux.

Toutes ces complications étaient-elles évitables?

Oui! Tout a commencé avec le genou. En fait, j'ai trop traîné avant de me faire opérer. Divers pépins physiques s'ensuivirent, comme une déchirure à la cuisse, une cheville qui a cédé, et puis en retombant mal sur l'épaule, je retarde ma rentrée de deux nouvelles semaines. Rien n'a jamais été très grave. Mais c'est l'accumulation de tous ces petits pépins qui a prolongé mon absence. Alors, et je le répète, qu'au départ, l'intervention chirurgicale que j'ai subie au genou est une réussite.

Comment avez-vous jugé le Sporting en votre absence?

Mis à part quelques moments difficiles, chez nous, face à Bucarest, mes partenaires ont été à la hauteur des espoirs placés en eux. Un sans-faute en championnat l'atteste. Tout comme notre présence en Ligue des Champions...

Une parenthèse: pouvez-vous nous dire ce que cette épreuve a d'aussi particulier pour susciter autant d'engouement?

C'est inexplicable. En Ligue des Champions, tu côtoies le «top» du football européen. Des sensations extrêmement particulières se dégagent de ces contacts avec les meilleurs joueurs du continent. Une fois qu'on y a goûté, on ne peut plus s'en passer. C'est comme une drogue!

Revenons à vous. Vous avez pu constater par vous-même que votre équipe s'est plutôt bien débrouillée en dépit de votre absence. Peut-on en déduire que vous vous accommoderiez d'un statut de remplaçant?

Il ne m'appartient pas de répondre à cette question. Si je devais ouvrir ce débat, je manquerais d'objectivité. Cela étant, qui peux préjuger de l'avenir? Personne. Une saison est longue et n'est pas dépourvue d'embûches. Nous allons bientôt jouer sur trois fronts. Je pense qu'en disant cela, j'ai résumé l'état d'esprit dans lequel je me trouve aujourd'hui. Je sais comment les choses fonctionnent ici. Anderlecht est un club exigeant et ambitieux. Cela tombe bien: je le suis également. Ambitieux de façon générale, exigeant envers moi-même. Cela éclairera-t-il mieux les gens concernant ma motivation?

Un mot sur Lokeren. Les Waeslandiens connaissent une entrée en matière relativement poussive...

(Il coupe) Il ne faut pas s'y fier. Ce groupe a perdu beaucoup à cause du départ de Bangoura. Tout le système de jeu de Lokeren reposait sur le Guinéen. C'est une évidence. Une autre consiste à dire que cette rencontre tombe, pour les Waeslandiens, à un moment relativement opportun: comme ils n'ont strictement rien à perdre, au contraire de ce qui s'était produit lors de notre précédente visite à Daknam, où une place en Ligue des Champions était en jeu, les Lokerenois s'aligneront contre nous totalement libérés. Ils vendront chèrement leur peau. Cela peut nous gêner à la veille de nous rendre à Lyon. Mais ainsi va la vie...

© Les Sports 2003