Ils sont trois. Trois jeunes trentenaires, chefs d'entreprise. Trois amis d'unif qui n'en sont ni à leur coup d'essai ni à leur premier Mondial. `Nous sommes indépendants: nous avons donc de l'argent!´ plaisante Guy, le supporter du Standard, fan de Renquin. Didier, l'aîné du trio, ne manque pas un match de Coupe d'Europe d'Anderlecht. Il a toujours admiré Van Binst. Marnix n'a d'yeux que pour... Bruges. Il vante encore les mérites de l'inégalable Ceulemans. Les trois copains, qui symbolisent à merveille l'unité de l'équipe nationale, ont consacré chacun 3.000 euros à cette escapade nippone d'une dizaine de jours. Ils circulent costumés et grimés... à la diable. De la fourche, qui ploie au moindre attouchement, au bicorne qui ne leur confère même pas l'air martial en passant par la cape noire qui drape un maillot de corps rouge, il ne manque aucun gadget à leur panoplie. Ils ne passent pas inaperçus au Japon. A Saitama déjà, ils avaient créé l'événement. Didier raconte: `Nous avions heureusement pris une large avance. Dès notre apparition dans le métro, nous avons déclenché un attroupement extraordinaire: tous les Japonais voulaient nous prendre en photo! Au début, nous avons braillé à tue-tête pour colorer encore le document. Au fil des... heures, notre gorge s'était enrouée. Nous avons failli rater le début du match tellement nous étions populaires.´ Marnix, Didier et Guy sont devenus des stars. Les médias se les arrachent. Le Brugeois sourit: `On éprouve, ici, un sentiment de sécurité extraordinaire. Mais on découvre vite également un mode de fonctionnement qu'on croyait désuet. Dans les stades, les indications sont claires. Mais à chaque angle, pour qu'on les comprenne mieux encore, une rangée de stewards vous confirment la voie à suivre, d'une courbette et d'un signe de la main. Un travail pour chacun, comme au temps du communisme.´ Outre le saké chaud, les trois copains ont aussi expérimenté les chambres japonaises: `On couche par terre, sur un tatami. Quand on dort près d'une autoroute, on entend tout car les murs sont en papier!´

© Les Sports 2002