Les managers existent probablement depuis que le football est né. Peut-être même plus tôt. Pourtant, la profession, en tant que telle, n'est officiellement reconnue que depuis 1995. Jusque-là, c'était l'anarchie complète et en Belgique, les managers étaient, officiellement, interdits...

En 1995, donc - c'est l'année de l'arrêt Bosman... - la Fifa comprit la nécessité de mettre un peu d'ordre dans le milieu et instaura la licence officielle des agents de joueurs. A cette époque, la Fifa imposa des règles précises, dont la plus contraignante était bien sûr la garantie bancaire nécessaire de 200000 francs suisses, soit 124000 euros.

Une façon pour la Fifa de protéger la profession et de récupérer vraiment de l'argent en cas de litige lors d'un transfert. Ce système-là a tenu le coup jusqu'en l'an 2000. Pendant cette période, quarante candidats ont été présentés par la Belgique, vingt-cinq d'entre eux ont obtenu la licence. Les autres étaient recalés surtout pour des raisons financières. Il faut dire qu'une garantie des 124000 euros, c'est aussi 5000 euros de frais administratifs par an.

Licence nationale depuis 2000

«Ce système était très décrié», explique Jean-Jacques Van Autrève, chef du service Affaires disciplinaires et Règlement à l'Union belge. «La Fifa était surtout intéressée par la garantie bancaire et acceptait quasi tous ceux qui l'avaient, malgré un avis négatif des fédérations.»

Conséquence: en décembre 2000, changement total de cap. La licence devient nationale, la garantie bancaire est supprimée (et remplacée par une assurance en responsabilité civile qui coûte environ 1000 euros par an) et les contrats entre joueurs et agents sont soumis, pour homologation, à la fédération nationale.

Celle-ci doit désormais organiser elle-même les examens (deux fois par an, en mars et en septembre) pour l'obtention de la licence. Lors de ces examens, vingt questions sont soumises aux candidats (quinze viennent de la Fifa, à propos de la réglementation internationale des transferts, cinq de la Fédération). Minimum requis: deux tiers des points (26 sur 40).

En Belgique, quatre examens ont déjà été organisés. On se souvient surtout du deuxième, en mars 2002, puisqu'aucun des vingt-cinq candidats ne réussit l'épreuve. Le système de cotation était particulièrement difficile (au niveau mondial, seuls dix candidats sur 2000 avaient réussi!). «En mars 2003, le dernier examen organisé par l'Union belge a réuni quinze candidats», précise encore Jean-Jacques Autrève. «Six ont réussi l'épreuve. La prochaine épreuve aura lieu en septembre, plusieurs personnes ont déjà posé leur candidature. Des candidats malheureux des éditions précédentes. Quand on rate deux fois de suite, on doit attendre 18 mois pour se représenter.»

Le décret flamand

Les 42 agents actuels en Belgique peuvent travailler dans le monde entier. Ou presque. Car la Flandre est un cas à part. Au nord du pays, un décret de la Communauté flamande oblige tout intermédiaire à obtenir une reconnaissance officielle. Et la Belgique étant ce qu'elle est, aucun décret, et donc aucune réciprocité, n'existe en Wallonie et à Bruxelles. Des quarante-deux agents reconnus par l'Union belge, dix-sept ne peuvent pas travailler en Flandre...

© Les Sports 2003