ÉCLAIRAGE

Zut, encore la Croatie ! Voilà ce qu'auront dû se dire, en substance, les amateurs de foot et néanmoins supporters de l'équipe nationale. Le souvenir cuisant de Zagreb est suffisamment présent dans les esprits que pour se perdre en d'inutiles conjectures bien que l'équipe croate fût la seule à nous faire connaître la défaite sur l'ensemble des éliminatoires du Mondial 2002, et encore, à vingt minutes du terme. De deux (ou trois) maux, il faut toujours savoir choisir le moindre et nous allons tenter de démontrer pourquoi.

1. Tout d'abord la Belgique a eu l'heureuse et énorme surprise de se retrouver tête de série dans le premier chapeau. Ce coup-là, personne ne l'avait vu venir et surtout pas les sceptiques qui pouvaient se souvenir que depuis l'Euro 84 en France, jamais, depuis lors, les Belges n'étaient parvenus à se qualifier sur le terrain pour la phase finale d'un championnat d'Europe. Mais l'Uefa a décidé de prendre en compte les qualifiés pour l'Euro 2000 et ceux pour le Mondial 2002 si bien que nous fûmes, finalement, vernis.

2. Ce statut de tête de série nous a permis d'éviter d'emblée des gros bras comme la France, tenante du titre, qui ne bénéficie plus, à sa grande satisfaction, d'une qualification aussi automatique qu'ennuyeuse, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie ou des nations qui ne nous réussissent pas trop comme la Suède, la Roumanie ou la Turquie, la donne étant statistiquement meilleure avec la Tchéquie et l'Irlande. Ipso facto, nous aurions pu tomber contre des cracks du deuxième chapeau comme les Pays-Bas, l'Angleterre, et, dans une mesure moindre mais quand même, la Russie et la Pologne. On ne pouvait donc pas trop se plaindre.

3. Ce n'est pas Confucius qui l'a dit mais Robert Waseige: `puisque nous n'avons pas prise sur ces événements, prenons-les comme ils viennent´. Dès lors que le sort nous ait désigné en sus, les Bulgares (qui nous ont tout de même éliminés du Mondial 66 et de l'Euro 88), les Estoniens et Andorre n'empêchera pas le fédéral de dormir. D'abord parce qu'il y a la Corée et le Japon à préparer (et dès le 13 février contre la Norvège) et ensuite parce que figurer dans les dix premiers ou dans les quinze (après le barrage des meilleurs deuxièmes) cela se mérite. Certes, d'autres groupes semblent plus avantageux, comme celui de la France, de l'Allemagne, de l'Eire, voire de l'Italie mais sur le papier et sur le terrain, ce n'est pas la même chose.

© La Libre Belgique 2001