Un commentaire de Jean-Claude Matgen.

Lorsqu’il fut nommé secrétaire général (on dit aussi CEO), pour chief executive officer) de l’Union Belge, en janvier 2011, à l’âge de 46 ans, Steven Martens, désigné parmi 127 candidats à la succession de Jean-Marie Philips, avait été présenté comme l’homme du renouveau. Le président de l’UB, François De Keersmaecker, ne tarissait pas d’éloges à son endroit. 

Martens était aussi censé professionnaliser la maison de verre. Ses débuts furent prometteurs. Il n’avait pas tardé à secouer le conformisme d’une fédération largement composée de caciques. Grâce à Marc Wilmots et à des Diables Rouges enfin conscients de leurs capacités, les résultats sportifs avaient suivi et la Belgique avait forcé les portes de la Coupe du monde 2014, au Brésil, suscitant un engouement populaire sans précédent et l’intérêt de puissants sponsors. 

Paradoxalement, c’est sans doute la campagne brésilienne qui a sonné le début des gros ennuis de M. Martens. Différents couacs ont été successivement reprochés à l’Union belge et plus spécialement à son CEO. Des couacs qui ont coûté très cher au budget de la Fédération. Les clubs professionnels ont fini par s’étonner de ce que d’aucuns ont qualifié de gabegie. La Pro League a souhaité un audit des comptes avant qu’ils soient avalisés. Les nombreuses dépenses en opérations de communication ont été contestées, des constructions fiscales ont été dénoncées, des membres des comités provinciaux de l’Union Belge ont été licenciés sans autre forme de procès alors que les salaires des cadres étaient, eux, largement augmentés. 

Steven Martens a réagi à toutes ces accusations, parfois chiffres en main mais souvent de façon maladroite. Ces derniers jours, la pression était devenue trop forte et il a fini par jeter l’éponge non sans avoir négocié les conditions financières de son départ. 

Ce départ ne réglera pas tout car d’autres que M. Martens ont pris la grosse tête. Il pourrait déstabiliser le président De Keersmaecker, à quelques semaines d’élections présidentielles. Il pourrait freiner l’évolution du dossier du stade national dont la Fédération s’occupait activement. Il illustre les errements d’une Union Belge en proie à des querelles politiques sans fin et qui se retrouve, une fois de plus, à la croisée des chemins. 

On lui promet bien du plaisir pour se racheter une crédibilité et on n’ose imaginer ce qui pourrait se produire si, d’aventure, les Diables devaient chuter contre Chypre et en Israël, fin mars.