Valence part favori, pour l'ensemble de son oeuvre récente, face à l'Olympique de Marseille en finale de la Coupe de l'Uefa, mercredi, à Göteborg. Le club espagnol doit pourtant plonger loin dans ses archives pour trouver trace de sacre continental: en 1980 avec une Coupe des Coupes et une Supercoupe d'Europe la même année. Et c'est tout. Mais, derrière ce palmarès maigrelet, se cache une constance de résultats au plus haut niveau, depuis le tournant du siècle, qui force le respect. Tout juste sacré champion d'Espagne, pour la deuxième fois depuis 2002, Valence joue aussi sa troisième finale européenne en quatre ans. Dont deux en Ligue des champions, en 2000 (battu par le Real Madrid 3-0) et en 2001 (défaite aux tirs aux buts par le Bayern Munich). Il s'agit donc pour les Espagnols de finir le travail, de se défaire de l'étiquette de maudit d'Europe qui commence à leur coller au maillot. «C'est une année historique pour Valence. Cette finale est essentielle pour l'histoire du club», affirme le milieu espagnol David Albelda. Histoire aussi de combler leur déficit de prestige international face aux présumés grands d'Espagne, le FC Barcelone et le Real Madrid.

Pour surprenante qu'elle soit, la présence de Marseille en finale - pour la deuxième fois après 1999 et la défaite devant Parme - ne doit au fond rien au hasard des choses. Car la manière dont l'OM a éliminé des formations du calibre de Liverpool, de l'Inter Milan ou de Newcastle, qui auraient tous fait de beaux vainqueurs sur le papier, a forcé le respect. Marseille, dont les contre-performances successives en Championnat ont fini par plomber toutes ses ambitions nationales, a trouvé sa véritable respiration sur le terrain européen. Mais voilà, avec la chute progressive en championnat (7e, à 18 points de la 3e place, à une journée de la fin), seule la victoire face à Valence permettrait désormais à la formation de l'entraîneur José Anigo de retrouver la scène européenne la saison prochaine. Et l'OM saura-t-il gérer l'indéniable pression liée à cet impératif? «De la souffrance naît le bonheur», répond l'entraîneur marseillais. Sûr qu'un triomphe à Göteborg aurait de l'allure pour ce Marseillais, dont les parents espagnols avaient fui Franco en 1936.

© Les Sports 2004