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Football

Value8, prudence et patience

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Publié le - Mis à jour le

Il n’y a pas que les supporters du Standard, inquiets et virulents envers le repreneur néerlandais, qui ont envoyé un mail à Value8. Les journalistes s’interrogent aussi sur les intentions du candidat acheteur. Croulant sous les questions, Peter Paul de Vries a répondu aux dix principales interrogations venues de Belgique.

Quelle est votre perception du Standard de Liège ?

Le Standard de Liège est un club fantastique, avec une histoire. Mon club favori aux Pays-Bas, c’est Feyenoord. Ce club a le même background que le Standard de Liège : il est établi dans une région industrielle, c’est le club des ouvriers; il a énormément de supporters fidèles, même dans les moments difficiles. L’Ajax est plus l’Anderlecht des Pays-Bas. Du coup, j’ai une sympathie spontanée pour le Standard. Après, il y a forcément une grande différence avec Feyenoord : le Standard, lui, réalise d’excellentes prestations et fait partie du Top en Belgique.

Où en sont les négociations ?

Je ne peux pas révéler grand-chose à ce sujet. Nous avons confirmé que nous étions intéressés par une prise de participation au Standard. Une participation, donc cela ne veut pas dire 100 %. Et un intérêt ne débouche pas d’office sur un accord. Nous avons vu tout ce qui s’est raconté les dernières semaines. Il y a encore beaucoup de travail à faire et nous ne voulons rien anticiper. Mais, en guise de clin d’œil, je peux vous dire que depuis que nous discutons avec le Standard, l’équipe n’a plus perdu un seul match.

Quel est votre intérêt pour le football ?

Nous - mon associé Hettinga et moi-même - sommes enthousiastes quand il s’agit de football. Nous sommes allés ensemble à la finale de la Coupe du Monde à Johannesbourg, nous assistons aussi à des matches internationaux (comme la Ligue des Champions et la Bundesliga) et nous suivons aussi les plus petits clubs. Cela va de matches comme Zwolle-Go Ahead (NdlR : D2 néerlandaise) jusqu’à même des matches entre clubs amateurs, comme IJsselmeervogels contre Spakenburg (sic). Mon fils Floris, qui a huit ans, fait du foot et, l’année dernière, j’ai moi-même entraîné chaque semaine une équipe de jeunes âgés de huit ans également. C’est fantastique de voir le plaisir qu’ils prennent grâce au foot. Et je crois que la base, c’est d’avoir un bon centre de formation. Le Standard en a un.

Doit-on s’attendre à du changement au niveau de la direction ?

Notre intérêt pour le Standard vient de son excellente gestion. Pierre François et Lucien D’Onofrio ont livré un excellent travail, tant sur le plan sportif que sur le plan financier. Les Anglais disent : "Never change a winning team . On ne change pas une équipe qui gagne."

Les supporters sont inquiets et sont contre votre arrivée.

Je ne sais pas ce qu’ils pensent exactement. Mais je trouve normal que certains soient sceptiques. Ils ne nous connaissent pas, ils ne connaissent pas Value8, et l’inconnu fait peur. Nous voudrions volontiers - dès que ce sera à l’ordre du jour - discuter avec les représentants des supporters. Nous sommes une entreprise d’investissements, mais ce n’est pas juste de recevoir l’étiquette de mercenaires. Je pense qu’il y a beaucoup de repreneurs potentiels qui susciteraient une réaction bien plus négative.

Il y a la crainte de voir le repreneur vendre tous les meilleurs joueurs. Est-ce fondé ?

Ecoutez, la force du Standard c’est d’avoir une jeune équipe de joueurs très talentueux. L’idéal, ce serait de garder des joueurs comme Witsel et Defour. Des joueurs fantastiques. Ce serait magnifique de pouvoir garder l’équipe qui a terminé deuxième, grâce à d’excellents playoffs, et qui a gagné la Coupe. Cela permettrait au Standard de viser plus haut, aussi en Europe. Mais, même si c’est notre volonté, on est, en tant que club, aussi dépendant du souhait des joueurs qui veulent partir à l’étranger. Certains joueurs se disent prêts pour aller dans des grands clubs européens. C’est la plus grande menace.

Que pensez-vous de la crainte envers un repreneur néerlandais ?

Cela me semble plutôt être un avantage. Culturellement, Belges et Néerlandais ne sont pas si éloignés. Que préfère-t-on ? Un Grec, un Russe, un Anglais ou un Bruxellois (sic) ? On peut toujours trouver une raison d’être contre quelqu’un. Les Néerlandais sont un peu plus directs que les Belges, qui sont plus diplomates et qui dévoilent moins facilement leur jeu. Nous faisons souvent des affaires avec les Belges et cela se passe très bien. Je suis au moins deux fois par mois en Belgique pour affaires.

Vous attendez quel retour par rapport à votre investissement ?

Nous verrons : le football pro, c’est du business. Les salaires des joueurs et des entraîneurs, l’argent des sponsors et des droits télés, le loyer perçu par ceux qui possèdent le stade (NdlR : actuellement, le Standard est propriétaire de son stade). Il y a peu de place pour la philanthropie. Le foot étant un business, il n’est pas illogique de voir une personne qui investit de l’argent attendre un rendement positif sur son investissement. Mais on ne fait pas des bénéfices en détricotant une entreprise. Au contraire. Un investissement au Standard verrait grimper sa valeur si le club gagne des trophées et fait des bonnes prestations sur la scène internationale. En ce qui nous concerne, des bonnes prestations vont main dans la main avec une gestion financière saine.

Lundi, le duo d’entraîneurs a annoncé son départ. Qu’en pensez-vous ?

C’est vraiment dommage. Ils ont réalisé un excellent travail. Tant Dominique D’Onofrio que Sergio Conceição, qui a été un joueur fantastique. Nous aurions préféré que ce duo reste.

Quel est votre objectif prioritaire avec le Standard ?

En foot, on travaille match par match. Si tu te relâches, tu perds ton avance sur les équipes plus faibles. Donc le but est de continuer l’ascension vers le sommet. Passer le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions et après atteindre la phase des poules sont les premiers grands objectifs. Ensuite, avec un statut tel que le sien, le Standard doit chaque année jouer le titre. A plus long terme, l’objectif doit devenir de terminer deuxième dans un groupe de Ligue des Champions. Le Standard a une jeune équipe, très talentueuse, qui peut aller loin. J’ai pensé la même chose quand j’ai vu les Diables rouges jouer contre la Turquie. Le niveau est de nouveau élevé. Cette équipe pourrait atteindre le niveau des Pays-Bas d’ici quatre à six ans. En espérant que le Standard soit le plus grand fournisseur de joueurs.

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