Récolter dix points sur douze pour entamer les qualifications au Mondial ? "On l’espérait, mais on vient de loin", répond Van Buyten qui revient sur l’évolution des Diables avec lesquels il rêve d’aller au Brésil. Avant peut-être de dire stop

Daniel, est-ce qu’on se trompe si on déclare que la victoire en Serbie, avec son scénario et son score, a des allures de match fondateur ?

Le score est un peu lourd. Après vingt minutes, si on en prend deux ou trois, le match est terminé et c’est la même chose. Thibaut a sorti les parades. On savait que le contexte était particulier au niveau de leurs supporters. On savait que si on passait cette première mi-temps, on allait avoir une chance. Et c’est un peu ce qu’il s’est passé. Et après, on a des arguments offensifs à faire valoir à tout moment aussi. On en a profité. Ce n’est pas le match déclic mais un match qui confirme ce qu’on pensait : maintenant, notre équipe est capable de battre n’importe qui. Il y a encore plein de choses à peaufiner, les vingt premières minutes l’ont montré, mais c’est justement avec ces victoires-là qu’on va finir par ne plus faire ces erreurs. On en a discuté, on est sur le bon chemin.

Surtout que derrière, la physionomie du succès sur l’Écosse ressemble à beaucoup de matches que les Diables ne parvenaient pas à gagner avant.

Tout n’arrive pas par hasard. C’est un cheminement logique. Cela arrive aux grandes équipes et la Belgique commence à avoir une grande équipe. Avant, on aurait pu le perdre car on n’avait pas une grande équipe, il faut dire les choses comme elles sont.

Justement, pour aller dans votre sens, il y a le retour d’une ferveur oubliée quand on voit le stade en fusion.

(Il coupe). À mes débuts, il y avait cette ferveur-là. Après, il y a eu un déclin progressif au fil des échecs. Là, le public sent qu’on revient. Automatiquement, cela donne plus d’envie aussi. Sur les derniers matches, on sent le soutien grandissant de notre peuple, l’ambiance de plus en plus en chaude. Et même si on dit que les joueurs sont habitués à cela, que ce sont des pros qui sont dans des grands clubs, cela reste un truc naturel. Pour chaque joueur, que tu aies joué cinquante matches de Ligue des Champions ou non, avoir ton public derrière toi est exceptionnel, cela te motive encore plus. C’était beau à voir et à sentir.

Le danger n’était-il pas de se laisser griser ?

On sait d’où on vient. Même s’il y a beaucoup de jeunes qui n’ont pas trop connu les dernières années, ils ont les images. Ils savent ce que c’est. Galvauder ce qu’on a construit, ce serait bête. Le discours des plus anciens est important : il faut se remémorer ces souvenirs sans que cela soit trop important non plus pour ne pas retomber dedans, savoir d’où on vient. Mais on est dans une autre ère, il faut simplement continuer dans cette direction. Tout cela, on ne l’a pas eu comme cela (il claque des doigts). On a bossé pour cela. L’idée, c’est regarder devant mais ne pas oublier d’où on vient. C’est important de piquer un peu de temps en temps pour ne pas oublier et ensuite de se remettre au travail.

La Coupe du Monde au Brésil, vous en rêvez ?

Oui. Et d’y jouer hein (sourire). Je veux y aller en étant prêt à jouer. Ce sera certainement une super Coupe du Monde. J’ai eu la chance d’en vivre une, c’est magnifique. Après cela, ce serait peut-être aussi un bon moment pour raccrocher, qui sait. On verra. C’est difficile à dire. Avoir commencé avec un Mondial et terminer avec un autre, ce serait une belle histoire. Je m’entraîne encore plus pour garder le niveau. J’ai encore cette envie de jouer. Je ne pense pas à arrêter, je suis hypermotivé.