Le Standard a franchi l'obstacle RMP en passant par le chas de l'aiguille ce mardi soir, en Cofidis Cup. Les Rouches rejoignent ainsi les 1/8e de finale de la compétition après avoir éliminé les Hurlus au terme des prolongations.

Une victoire acquise dans la douleur, d'autant plus que la cote du Standard avait monté en flèche à la mi-temps, puisque le score était de 1-0 et que les Rouches étaient réduits à dix après l'exclusion discutable de Batshuayi. Au delà de ça, le football proposé par les Liégeois était relativement pauvre et on voyait mal la bande à Ron Jans sortir vainqueur de ce derby wallon.

C'était sans compter sur le repositionnement gagnant de Jelle Van Damme un cran plus haut, en cours de deuxième mi-temps. Délaissant ainsi son poste de défenseur central, où il est toujours peu à l'aise, l'ex-Mauve pouvait apporter de nouveau tout son impact physique et sa présence offensive au Standard. Il inscrivait d'ailleurs le but de la qualification à la 113e minute, évitant à Ron Jans de s'enfoncer dans une crise qui semble bien réelle.

Pour preuve, lorsque le commentateur de la RTBF Benjamin Deceuninck demandait à Ron Jans s'il avait redouté que ce match soit son dernier à la tête du Standard, le capitaine rouche prenait la défense de son coach (qui s'était contenté d'un "merci beaucoup" poli avant de s'en aller) avec un ton pour le moins agressif.

Des menaces ?

Plus qu'agacé par cette question dérangeante, le défenseur montrait son mécontentement au co-présentateur de La Tribune. Un "arrête tes couilles" peu contenu se faisait ainsi entendre, avant qu'il ne laisse le journaliste lui poser une question plus traditionnelle. Van Damme n'y répondait toutefois pas, si ce n'est par un bref "on est passé c'est le plus important... Mais si tu commences avec des questions comme ça... fais attention !" avant de regagner son vestiaire.

Si l'on peut comprendre que le joueur s'énerve dans une période assez délicate pour le Standard, il est toutefois moins tolérable qu'un capitaine montre un tel exemple à la télévision. Sa dernière phrase ayant quelque peu des allures de menaces. A chacun de se faire son avis sur la question.

Benjamin Deceuninck : “On ne devrait pas en arriver là pour du foot”

Benjamin Deceuninck revient sur les menaces proférées à son encontre par Jelle Van Damme

Vous avez eu peur que ça dégénère ?

“Sur le moment même, je n’ai pas perçu toute l’agressivité de Jelle van Damme. Donc, ça a été, je ne me suis pas senti menacé. Ce n’est que rétrospectivement que j’ai eu un peu peur. Tout le monde est venu me parler de l’incident. Mais j’essaye de relativiser : il y avait beaucoup d’émotion et d’adrénaline dans le camp du Standard.”

Vous n’avez aucun regret ?

“Non, je pense que j’ai posé à l’entraîneur la question que tout le monde s’est posé durant tout le match. C’était impossible de faire autrement. J’avais d’ailleurs posé d’autres questions avant à Ron Jans, mais Jelle Van Damme n’a entendu que la dernière et il a défendu son entraîneur.”

Vous pensez néanmoins que vous auriez dû vous y prendre autrement ?

“À refaire, j’aurais peut-être dû poser la question à Ron Jans en néerlandais, car il ne maîtrise pas encore totalement le français et c’était peut-être dur pour lui de répondre comme ça. Mais, pour le reste, je ne pense pas avoir été ni méchant, ni agressif. En tout cas, je trouve qu’on ne devrait pas en arriver là. Ça ne reste que du foot !”

Vous vous êtes expliqué ensuite, hors antenne, avec Van Damme ?

“Je l’ai revu à la sortie des vestiaires. C’était plus calme. Mais il ne s’est pas excusé et il a mis un peu tous les journalistes dans le même sac en nous accusant de poser ce genre de question uniquement pour foutre la merde.”

Vous aviez déjà connu un clash de ce genre ?

“Non, c’est la première fois que j’ai une réaction aussi violente. Il y avait déjà eu un incident sur le plateau de Studio 1 il y a 7 ans avec Albert Cartier. J’avais fait du second degré et il l’avait mal pris. Mais ce n’était pas allé plus loin que des mots. C’est la première fois qu’on me menace du doigt. J’ai en tout cas eu énormément de soutiens de tous les journalistes présents mardi qui ont assisté à la scène.”

Vous pensez que ça aurait pu en arriver à des coups ?

“Non, je ne crois pas que ça aurait été plus loin. Il y a une part de show aussi…”