Anderlecht Entretien

Le calme se plaît souvent à suivre la tempête comme pour la ramener à sa juste mesure et lui faire entendre qu’il ne lui servira à rien de se réinviter de sitôt. Alors hier à Anderlecht, le sacre de Mbokani mais aussi les transferts fraîchement bouclés d’Armenteros et de De Zeeuw auraient presque fait passer Lucas Biglia pour un enfant assagi et un rebelle apaisé. De retour au parc Astrid, l’Argentin aura d’ailleurs disputé vendredi son deuxième entraînement, laissant les nerfs d’Herman Van Holsbeeck reposer : "Lucas est là et je ne pense sincèrement pas qu’il partira avant la fin janvier. Nous avons eu une bonne discussion et chacun sait ce qu’il en est. La clause de huit millions ne bougera pas mais en fonction des objectifs atteints en fin de saison, nous avons convenu d’en rediscuter."

Herman, l’affaire Biglia ne laissera donc aucune séquelle ?

Entre le groupe de joueurs, le staff et Lucas, non. Il a gardé un crédit énorme auprès d’eux et tout se passe comme si de rien n’était. J’avoue qu’avec la direction, les choses sont un peu plus tendues mais j’attends de le voir répondre sur le terrain. Je pense qu’une fois que l’on verra Biglia jouer, le dossier sera définitivement clôturé.

On vous sent très mesuré sur cette affaire qui a pourtant secoué non seulement la presse mais aussi les supporters.

Voilà comment les choses se présentent. Biglia arrive chez moi mercredi avec un document médical attestant que ses migraines n’étaient pas inventées. En tant qu’employeur, je dois prendre ce document et l’accepter. C’est vrai que le Biglia que je connaissais depuis six ans ne m’avait pas habitué à ça et que j’aurais préféré recevoir un coup de téléphone de sa part bien plus tôt pour m’expliquer de quoi il en retournait. Mais désormais, il faut avancer.

Il n’empêche qu’à Anderlecht, l’hiver est bel et bien argentin puisque le transfert à Moscou de Suarez doit encore être validé. Vous avez des nouvelles de ses derniers tests médicaux ?

Pas de ceux réalisés cette semaine et qui sont d’ailleurs toujours en cours. On sera fixé en février puisque vous savez comme moi que les Russes ne sont pas pressés. Leur période de transfert ne commence que dans quelques jours et s’achève en février. On sait tous qu’un joueur qui n’a pas joué pendant cinq ou six semaines a besoin de plus de trois ou quatre semaines pour retrouver son niveau et il faudra voir si dans quel état se retrouvera Mati au moment où les Russes se décideront ou non à le transférer. Sinon, personne ne se plaindra d’avoir un Suarez à Anderlecht. Lui-même laisse transparaître dans toutes ses confidences qu’il se sent chez lui ici.

Si Biglia et Suarez restent, il faudra gérer la concurrence car leurs remplaçants avaient déjà été trouvés ?

C’est vrai mais je suis quelque part heureux que ce soit le problème du coach (sourire). Maintenant, nous savions ce que nous faisions au moment d’amener De Zeeuw ici. A partir du moment où nous n’avions pas la garantie que Biglia reviendrait, nous nous sommes activés en nous disant que De Zeeuw avait le profil pour le remplacer, en étant même un peu plus offensif. Mais les deux pourront peut-être jouer ensemble et puis, en cas de départ de Biglia cet été, son successeur sera peut-être déjà installé.