ANDERLECHT Anthony Vanden Borre n'a pas laissé passer l'ultime opportunité qui lui était donnée de se remettre en confiance avant le rendez-vous... de la saison pour Anderlecht, mercredi, face au Werder Brême. Après deux rencontres pour le moins difficiles, contre l'Inter Milan en Ligue des Champions, puis face au Cercle de Bruges en championnat, le jeune défenseur qui fêtera ses... 17 ans (!) dimanche a tout simplement été élu homme du match, vendredi soir, à l'issue de la victoire arrachée au Brussels.

«Cette distinction personnelle m'a vraiment fait très plaisir, évidemment. J'ai dû la recevoir grâce à mon assist sur le but de Pär», sourit le défenseur, auteur d'un centre parfait à destination de Zetterberg qui inscrivait le seul but d'un bien pauvre derby. «Pourtant, dans ma tête, j'ai abordé ce match comme les précédents. J'ai tout simplement essayé de faire de mon mieux comme lors de chaque rencontre.»

Cette fois-ci, lors d'un match qui lui tenait particulièrement à coeur, la chance a davantage souri au Bruxellois.

«Je suis bien entré dans la partie, commente celui qui a toujours vécu dans la capitale. Pour moi, c'est important de négocier correctement mes premiers ballons. J'ai d'abord essayé de bien assumer ma tâche défensive et j'ai pris confiance au fil des minutes. Ensuite, j'ai pu tenter d'autres choses: monter sur mon flanc en possession de balle. C'est comme cela que je me suis retrouvé en bonne position pour centrer sur le but. Mes amis, qui préfèrent... le Brussels, étaient tout de même contents pour moi. Ils m'ont félicité: davantage pour le petit pont que j'ai fait à Bruno en fin de match que pour mon assist(Rires.)

Vendredi soir, Anthony Vanden Borre a donc en partie répondu à ses détracteurs. Mais il sait que rien n'est jamais acquis...

«Les critiques m'ont blessé», avoue le Diable Rouge à qui la semaine en équipe nationale a fait du bien. «Cela m'a permis de penser à autre chose. C'était nécessaire pour évacuer en partie la pression qui pesait sur mes épaules au Sporting. Maintenant que j'ai repris le dessus, je ressors plus fort de cette première période difficile dans ma jeune carrière. J'ai appris qu'il ne fallait pas trop tenir compte des commentaires extérieurs. Il faut plutôt se concentrer sur son jeu. Vendredi, je n'ai plus repensé à mes erreurs de l'Inter ou du Cercle, pour éviter que cela influence négativement ma prestation...»

Cela a bien fonctionné. À l'échelon national. Reste à remettre les pendules à l'heure également sur la scène européenne. Si Michal Zew- lakow était présent à l'entraînement samedi matin, le Polonais ne devrait pas être prêt à débuter le match de la dernière chance face aux Allemands de Brê- me. Anthony Vanden Borre aura donc l'occasion de prouver sa valeur au plus haut niveau.

«J'apprécie ce genre de rencontre», assure celui qui avait été mis en cause sur le premier but face aux Milanais. «Toute l'équipe devra donner le maximum. Il faudra jouer en bloc, sans calculer. Nous n'avons plus le choix, il faut battre Brême à domicile pour encore espérer jouer un rôle dans ce groupe. Là aussi, j'espère pouvoir confirmer et prendre ma revanche si j'ai l'occasion de jouer.»

Dans ses parages, l'arrière droit du Sporting retrouvera le champion d'Europe grec, Charisteas, auteur de l'unique but inscrit par le Werder Brême, défait à Mayence samedi après midi (2-1).

«Je connais aussi Micoud, Ismaël... Des grands noms mais on oublie cela dès le coup d'envoi. Sur le terrain, ce sont des joueurs comme les autres, il ne faut pas les craindre. Nous devons imposer notre jeu.»

Histoire d'entretenir l'espoir d'une qualification pour le deuxième tour de la plus prestigieuse compétition européenne.

«Et de déboucher la bouteille de champagne que j'ai reçue vendredi après avoir été élu homme du match », conclut Anthony Vanden Borre qui garde son précieux breuvage pour fêter une très grande occasion...

de Walter Baseggio? (BELGA)

© Les Sports 2004