Le ton se veut ferme mais néanmoins dépouillé de toute agressivité. Mot après mot, Roger Vanden Stock étale ses états d'âme passés et sa vision du lendemain. Il est calme, même s'il est évident qu'il a été marqué, au plus profond, par les événements des quinze derniers jours. Pour la première fois de sa vie, il avait même quitté le stade avant la fin du match. "J'ai même pensé tout arrêter tant j'étais écœuré !" Mais l'amour, celui qu'il voue à son club et au football dans son ensemble, a été plus fort que sa colère, plus fort que sa rancœur et que ses doutes.

Et aujourd'hui, il veut passer au-dessus de ce qui s'est passé et tendre la main au Standard : " Je tire un trait sur ce qui est arrivé, tout cela pour qu'on puisse reconstruire, le Standard et nous, le futur du foot belge sur des bases qui ne sont plus celles d'une guerre de mots et de gestes. J'espère donc que ma main tendue sera acceptée... " Car, comme il le dit lui-même, dans une guerre, il n'y a guère de gagnants, il n'y a que des perdants.

De Witsel, "J'attends simplement qu'il aille s'excuser auprès de Wasilewski !" Pourtant une action en justice va être intentée. " Nous cherchons simplement à préserver les droits d'un joueur qui a peut-être vu sa carrière se terminer ce jour-là , explique le président d'Anderlecht. Il ne faut sûrement pas le prendre comme une attaque. Mais si Wasilewski ne peut plus jamais jouer, il aura ainsi droit à une compensation. N'oublions pas qu'il s'agit de la carrière d'un joueur international ! Mais cette éventuelle procédure est indépendante de notre main tendue au Standard. " D'après les avocats du Sporting Anderlecht, la décision est déjà prise. " Nous allons réclamer une indemnisation de Witsel, dit maître Deleu, un des avocats les plus renommés du pays. Mais nous n'avons pas encore décidé la forme de notre action. Nous soumettrons les diverses options au Comité de direction du club et nous verrons vers quel type d'action nous nous dirigerons. Cela dépendra bien sûr aussi de l'évolution de sa guérison et de la partie prise en charge par les compagnies d'assurance. "

Roger Vanden Stock s'est aussi exprimé sur les divers problèmes touchant le club de son cœur ces derniers temps. Concernant Ariel Jacobs, il va tout simplement essayer de le faire changer d'avis. " En déclarant son futur retrait, son autorité dans le vestiaire risque de prendre un coup. C'est un gentleman, il éprouve des difficultés à fonctionner dans ce monde. Son départ serait une grosse perte. Il est un des meilleurs coaches de Belgique, si pas le meilleur. " A propos d'Herman Van Holsbeeck, trop émotionnel après le match contre le Standard : " Est-ce un défaut ? Non. Herman est toujours sous pression, et toujours disponible. C'est un tout grand manager, comme l'étaient Steppé et Verschueren. Je garde la pleine confiance en lui. Mais je lui ai dit que la feuille blanche vaut aussi pour lui." (NdlR : il était en dispute avec Pierre François). Il soutient aussi que ses joueurs ne manqueront pas de concentration contre Saint-Trond, ils joueront tous pour Wasil. Et sans rentrer dans des polémiques dont il préfère voir Anderlecht éloigné, il lance néanmoins le message suivant au président de la CCA (Commission centrale des arbitres) : " Vous dites souvent que vous allez faire des choses. Eh bien, faites-le !" Il exhorte enfin les fans à créer une ambiance positive. " Les banderoles racistes ou négatives, ne servent à rien ni à personne. "

© La Libre Belgique 2009