Août 2014. Les derniers chantiers sont sur le point d’être réglés. L’ultime permis communal concernant l’espace réservé aux parkings a quant à lui été octroyé. Dans les coulisses du Brussels, la nouvelle direction emmenée depuis près de 18 mois par Pierre François respire. Seuls quelques transferts de dernière minute se doivent encore d’être bouclés. D’aucuns prêtent depuis plusieurs semaines à l’ancien dirigeant liégeois l’idée de faire déménager alentour du stade Machtens un certain Gohi Bi Cyriac condamné à jouer les utilités du côté d’Anderlecht.

Devenu l’entraîneur principal du Brussels depuis janvier 2014 après avoir œuvré dans l’ombre durant ses premiers mois, Benjamin Nicaise active lui aussi ses réseaux avec l’idée d’ajouter de l’expérience à un noyau fraîchement sorti du ventre de la division 2. Olivier Werner, l’ancien portier montois, aura d’ailleurs été l’un des premiers à répondre à l’appel du pied de son ancien coéquipier, paraphant un contrat d’un an (2014-2015) avec option au sein du troisième club bruxellois.

Troisième club donc. Puisque derrière l’inamovible Sporting Anderlecht, le White Star se sera depuis l’été 2013 accroché lui aussi au train de la division 1 au terme d’un tour final joué à couteaux tirés. Après avoir fait le tour de tous les imbroglios administratifs et sportifs pendant ses premiers mois en division 1, le club du président Michel Farin aura finalement réussi à assurer son maintien grâce aux nouveaux millions injectés par son investisseur étranger (le financement total dépassant les 15 millions d’euros sur les 18 derniers mois) durant le mercato de janvier. A l’aube de la saison 2014-2015, trois clubs bruxellois se bousculent donc au portillon de la division 1.

La poule aux œufs d’or

Le scénario monté ci-dessus relève naturellement de la plus banale des fictions. Mais l’avenir la transformera peut-être un jour en prédiction. Car après des années marquées par le pain noir et les vaches maigres, le réveil du football bruxellois n’a jamais semblé aussi près de la réalité. Annoncé au bord de la faillite et de la fermeture des guichets voilà quelques semaines, le White Star Woluwe dort aujurd’hui sur l’espoir concret de voir un investisseur encore secret mettre sur la table les 10 millions promis. Tombée du ciel, cette annonce avait donné lieu à un retour de la vieille garde (le mécène Philippe Sottiaux pourtant décidé à retirer ses billes du club) bien décidée à s’octroyer une partie de la montre en or et à compliquer les négociations.

Le tour de chauffe désormais passé, l’investissement pourrait se concrétiser dans les jours ou les semaines à venir au même titre qu’une réorganisation totale de la cellule sportive du club. Des anciens joueurs de division 1 comme Ali Lukunku et Axel Smeets pourraient notamment être sollicités par la direction pour prendre en charge de nouvelles fonctions sportives. Certains des transferts réalisés en janvier (dont Touncara, débarqué de Clermont mais formé à Lyon, annoncé comme la véritable sensation) portaient au demeurant déjà la marque de cette nouvelle gestion.

Nicaise et François au Brussels, Bico et Bayat aussi

De transferts, il en fut aussi question du côté du Brussels pour qui la montée en division 1 ne reste, en vertu des lois mathématiques, qu’un objectif pour la prochaine saison. Mais derrière la palanquée de joueurs amenés (près de dix transferts !) notamment par les agents Mogi Bayat et John Bico, se cachait déjà un projet au long cours. Celui qui devrait voir dans les prochains jours un investisseur de Dubaï débarquer suite aux contacts patiemment noués par Bico, jusqu’ici connu sous l’étiquette de manager des frères Hazard.

L’arrivée de Benjamin Nicaise au Brussels en début de semaine passée s’inscrivait d’ailleurs dans la lignée de ce projet. "Si vous me prenez pour quelqu’un de sensé, vous devez me faire confiance", nous avait confié l’ancien capitaine montois. "Si je suis venu ici, c’est qu’il y a quelque chose de solide derrière. Un projet auquel je crois."

Ce projet, Pierre François pourrait bien lui aussi s’y adosser dans un rôle de directeur technique. Hier, l’ancien manager du Standard refusait de confirmer l’information mais après avoir travaillé des mois sur un rapport d’audit en vue de la reprise d’un club, l’une des personnalités du football belge pourrait bien avoir retrouvé chaussure à son pied. Sa proximité avec Benjamin Nicaise (avec lequel il continuait de déjeuner régulièrement depuis son départ du Standard) ne faisait d’ailleurs hier que renforcer les "soupçons" pesant sur sa future collaboration avec le club bruxellois.

Que faire de Vermeersch ?

Restera alors à régler le sort du président Vermeersch, dont les frasques et les pièces de théâtre jouées à répétition pourraient à l’avenir compromettre la viabilité d’un beau projet. Le plan actuel consisterait à maintenir l’entrepreneur bruxellois dans son fauteuil présidentiel tout en scindant le club en deux structures bien distinctes. Le versant "ASBL" resterait entre les mains de Vermeersch, la nouvelle partie "société anonyme" passerait entre celles des nouveaux investisseurs étrangers.

Après avoir vu le football wallon se relever, Bruxelles attend sans doute ses heures de vérité