La colère gronde dans les coulisses de la Maison Blanche. Nul ne s’attendait, en effet, à l’élimination du Real face à l’Olympique Lyonnais. Ni les dirigeants, ni les joueurs, ni les socios. Et, du coup, voilà le club le plus riche du monde sens dessus dessous ! "C’est une grande déception. Mais notre projet n’est pas à court terme. Nous savions que la première année serait difficile. Il faut à présent nous concentrer sur la Liga ", confiait Jorge Valdano après la rencontre.

Mais le discours très politique du directeur sportif du Real passait mal. Les "aficionados" rêvaient de voir leur équipe participer à la finale de cette Ligue des Champions qui se déroulera sur la pelouse du stade Santiago Bernabeu. Et ils ne comprennent pas comment un club qui s’est offert, pour 250 millions d’euros, quelques-uns des meilleurs joueurs du monde (Kakà, Ronaldo, Benzema ) peut se faire sortir, dès les huitièmes de finale, par une équipe assez quelconque comme Lyon.

Aux yeux de nombreux observateurs, les jours de l’entraîneur Manuel Pellegrini sont désormais comptés. Le Chilien semble, il est vrai, dépassé par la situation et la pression. Beaucoup lui reprochent ses choix tactiques et, notamment, son allergie à utiliser le jeu par les ailes. Et il se chuchote que les entraînements du coach ne seraient pas très poussés physiquement. "Je n’ai pas l’intention de démissionner. C’est une défaite qui fait mal. Mais nous avons les moyens de réagir", explique l’intéressé, un zeste de fatalisme dans le verbe.

Une chose est sûre : l’ambiance parmi les joueurs n’est plus au beau fixe. "Lors des matches importants, nous devrions apprendre à jouer en équipe et pas individuellement", a lâché Guti après le nul face à Lyon.

La remarque était lourde de sous-entendus. Et elle s’adressait, en filigrane, à l’attaquant Gonzalo Higuain qui a tendance, ces derniers temps, à vouloir marquer à tout prix. Plusieurs fois, mercredi, l’Argentin a oublié des partenaires mieux placés. Le regard noir de Cristiano Ronaldo, qui évita toute déclaration après la partie, en disait long sur sa colère intérieure.

Même le flegmatique Kakà, encore une fois assez décevant sur le terrain, semblait énervé. Remplacé à un quart d’heure de la fin, il a montré son dégoût sur le chemin des vestiaires. Et un message de Twitter rédigé par son représentant après le match a déjà fait le tour d’Espagne ! Il y traitait l’entraîneur Pellegrini de lâche. Bonjour l’ambiance !

Il reste à présent au Real à sauver les apparences en remportant la Liga. Le match face au Barça du 10 avril s’annonce, déjà comme une échéance décisive pour les nouveaux Galactiques.

Miguel Tasso