Après des jours et des jours d'incertitude, Anderlecht a enfin fait une communication officielle concernant son coach. "Franky Vercauteren termine la saison à Anderlecht", disait Roger Vanden Stock à une conférence de presse fort animée et peuplée. "La décision date de vendredi matin et a été communiquée de la sorte aux joueurs à l'entraînement de samedi."

Pourquoi alors ne pas avoir informé les médias dont certains avaient dit que Vercauteren serait limogé, quel que soit le résultat à Genk ? Pourquoi est-ce qu'Olivier Deschacht demandait tout haut, après le nul à Genk, que la direction annonce clairement où on en était avec le coach ? Pourquoi est-ce que Vercauteren n'était pas au courant de cette décision à sa conférence de presse de vendredi ? Vanden Stock avait minutieusement préparé ses réponses.

"Les médias avaient quand même déjà décidé de s'attaquer à Vercauteren et à la direction. Et si nous voulons régler un problème en cuisine interne, devons-nous en informer tout le monde ? Lors de mon entretien avec les joueurs, j'ai compris qu'ils iraient à la guerre, à Genk. Je leur ai clairement dit qu'on continuerait avec Vercauteren. J'étais étonné de lire que Deschacht n'avait pas compris. Son français ne doit pas être assez bon. Et pourquoi nous n'avons pas annoncé notre décision à Franky ? Est-ce que nous devons aller le trouver après chaque match décevant pour dire qu'il n'est pas à la porte ? Mais c'est normal qu'il ait douté, suite à toute cette pression. C'est un être humain."

Reste à savoir ce qui se passe si Anderlecht se fait éliminer par Vienne, la semaine prochaine. "Je sais que vous serez à nouveau là avec vos mêmes questions au sujet de Franky Vercauteren, dit Roger Vanden Stock. Je répéterai la même chose, puisqu'il est un coach à succès. Mais je ne nie pas que les conséquences d'une élimination seraient importantes : moins de revenus, un pas en arrière au niveau sportif, pas de transferts en janvier, un avenir un peu difficile." Malgré sa rage envers les journalistes, le président gardait son humour. "Il y a plus de monde à cette conférence de presse qu'à celle de Van Rompuy concernant la formation d'un nouveau gouvernement !", lâchait-il.

Aimé Anthuenis et Hugo Broos savent ce que c'est de se retrouver dans l'oeil du cyclone comme coach d'Anderlecht. "Après deux ans et demi, Franky (Vercauteren) a l'air épuisé, dit Hugo Broos. Il est très strict envers tout le monde, comme dans les plus grands clubs d'Europe. Cela le rend puissant et fort, mais cela lui bouffe de l'énergie. Je vous défie d'être entraîneur à Anderlecht pendant trois saisons. C'est inhumain. Aucun être humain n'est assez résistant à ce genre de pression. Parfois, on est impuissant, surtout par rapport aux médias. Et parfois, à Anderlecht, des gens dont on ne s'attendait pas qu'ils se retournent contre vous, le font."

Et l'ex-coach mauve Aimé Anthuenis de rajouter : "En tant que coach d'Anderlecht, on a parfois envie de flanquer un coup de pied dans tout et de régler ses comptes avec tout le monde. Il doit tenir compte de 25 joueurs, la direction, la presse, les supporters, son staff technique. C'est fatigant, mais Franky Vercauteren garde une certaine dignité. Et ne le croyez pas quand il vous dit qu'il ne lit pas les journaux. Parfois, les journaux lui procurent des cauchemars."