Pour "ManU", cette rencontre demeurera quoi qu'il arrive historique, puisque pour la première fois après quatre déplacements infructueux à Milan (1958, 1969, 2005 et 2007), la championne d'Angleterre est non seulement parvenue à inscrire des buts, mais, mieux encore, elle n'a pas perdu. Et puis ce succès, qui la met en ballottage favorable avant le retour le 10 mars à Old Trafford, efface le souvenir de la dernière confrontation entre les deux équipes, la demi-finale retour en 2007, qui s'était conclue par une démonstration du Milan à ses dépens (3-0). Pour l'AC Milan, cette défaite condamne à l'exploit à Manchester dans trois semaines. Elle est d'autant plus frustrante pour l'équipe lombarde que c'est elle qui a ouvert le score puis dominé pendant un peu plus d'une heure. Une ouverture du score intervenue rapidement puisqu'à la suite d'un coup franc de Beckham, un renvoi approximatif d'Evra a atterri dans les pieds de Ronaldinho qui ne s'est pas fait prier pour frapper et tromper Van der Sar avec la complicité involontaire de Carrick détournant légèrement le ballon (3, 1-0). Empruntés, maladroits, et vraiment pas dans le rythme, les Mancuniens ont ensuite subi le jeu, laissant les Rossoneri se créer les meilleures occasions. Mais armés d'un froid réalisme qu'on croyait justement réservé aux seules équipes italiennes, ils ont réussi à marquer sur leur première occasion. Un but de surcroît inscrit avec un zeste de chance: à la suite d'un centre dans la surface de Fletcher, Scholes a manqué sa reprise du droit, mais le ballon, dévié par sa cheville gauche, a alors emprunté une trajectoire croisée et inattendue pour le gardien Dida, trop court sur son plongeon (36, 1-1). Au début de la seconde période, les Milanais se sont à nouveau créés les meilleures occasions grâce notamment à Pato (tête au-dessus, 48) et Pirlo (coup franc détourné par Van der Sar (52). Mais c'est au moment même où les Milanais pensaient pouvoir reprendre l'avantage que Rooney à surgi. L'attaquant, irrésistible depuis plusieurs semaines, a inscrit un doublé de la tête en moins de dix minutes à la suite des centres de Valencia (66, 1-2) puis de Fletcher (74, 1-3), démontrant s'il en était encore besoin qu'il était la nouvelle "arme fatale" de MU depuis le départ de Cristiano Ronaldo. Deux buts qui ont fait naturellement très mal au Milan même si Seedorf, en réduisant le score d'un beau but du talon (85), a rendu l'addition un peu moins salée pour son équipe ainsi qu'un brin d'espoir avant le voyage à Old Trafford.