La défaite d’Arsenal en finale de la 120e Coupe d’Angleterre, samedi à Cardiff contre Liverpool (2-1), a été à l’image d’une saison ratée par le club londonien et son manager français Arsène Wenger, qui n’ont pas gagné de trophée depuis trois ans.

«C’est un peu à l’image de notre saison. Nous avons toujours donné l’impression que nous allions gagner les matches importants, mais nous ne sommes pas arrivés à les finir, et nous avons perdu notre concentration», a admis un Wenger dépité.

Comme souvent ces derniers mois, Arsenal a fait tout le jeu, grâce à un Vieira impérial, un Pires omniprésent et un Henry brillant. Mais comme contre le Bayern Munich et Lyon en Ligue des Champions, contre Sunderland ou Chelsea en championnat, l’avantage au tableau d’affichage a été dilapidé en fin de match. «Nous avons besoin de nouveaux joueurs, car nous venons de perdre deux gros matches, à Valence et aujourd’hui, dans le dernier quart d’heure, et ce n’est pas une coïncidence», a ajouté Wenger. "Quelquefois, quand je centre et qu’il n’y a personne, je me dis qu’un renard des surfaces serait bien utile pour gagner ce genre de matches», a suggéré Henry.

«Titi», c’est le symbole parfait du gâchis d’Arsenal cette saison: l’un des meilleurs attaquants du monde, capable de faire la différence à tout moment sur sa vitesse et sa technique, et qu’il serait aberrant de consigner dans la surface de réparation adverse.

Alors Henry se démène, sème la panique, mais il s’épuise à vouloir trouver des solutions, et n’a plus la fraîcheur nécessaire quand il se retrouve tout seul devant le gardien, comme contre Valence le mois dernier, ou Liverpool samedi. Alors il rate des occasions immanquables, mais ce n’est pas sa faute.

C’est la faute d’un système trop prudent, un 4-4-2 intangible dans lequel les attaquants sont toujours en infériorité numérique, en plus d’être épuisés parce qu’ils jouent trop souvent, comme Henry, ou rouillés parce qu’ils passent leur temps sur le banc: Kanu et Bergkamp rêvaient de jouer cette finale, mais sont entrés beaucoup trop tard sur la pelouse du Millennium.

Côté Liverpool, dès le but de Ljungberg pour Arsenal, Gérard Houllier a fait rentrer Fowler et Berger, en plus de McAllister qui avait déjà remplacé Hamann. Comme par hasard, avec des joueurs frais, tous portés sur l’offensive, et trois vrais attaquants de pointe, les Reds ont marqué deux fois et embarqué la Coupe. Une belle leçon de coaching et la victoire, par KO, de l’audace sur la prudence.