L' Excelsior Virton a introduit ce jeudi une plainte à l'Union Belge (URBSFA) contre le club de l'Antwerp. La plainte concerne les dirigeants du matricule 1, certains de ses joueurs et ses supporters. Si le club gaumais n'a pas attendu la réunion exceptionnelle du comité exécutif de l'Union belge de football, qui aura lieu cet après-midi, c'est pour répondre au règlement de l'URBSFA qui veut que la plainte soit introduite endéans les quatre jours ouvrables.

L'avocat de l'Excelsior, Me Stéphan Georges, a fait savoir que les Virtonais s'appuient sur l'annexe 3C du règlement de la Fédération belge, annexe qui reprend le code disciplinaire de la Fifa. Lequel énonce : "Lorsque, pendant une rencontre, des supporters d'une équipe déploient des banderoles où figurent des inscriptions à caractère raciste ou font preuve d'un comportement raciste et/ou inhumain, l'instance fédérale compétente peut sanctionner le club soutenu par ces supporters d'une amende d'au moins 30 000 francs suisses, et l'obliger à disputer son prochain match officiel à huis clos."

Pour ce qui est des spectateurs, l'annexe 3C prévoit comme sanction, une interdiction de stade d'au moins deux ans. Tandis que pour le club, des pénalités sportives peuvent également se greffer aux sanctions financières citées ci-dessus. En effet, le club anversois pourrait également se voir retirer trois points au classement.

La plainte du club de Virton pourrait donc entraîner de sérieuses conséquences mais il faut toutefois nuancer.

Dans notre édition du 25 février, nous rappelions en effet qu'un jugement de la justice de paix du canton de Virton avait condamné l'Union Belge. L'URBSFA avait infligé une sanction au club de Bleid à cause du comportement inapproprié de ses supporters. Mais le juge de paix avait estimé que le règlement de l'Union belge trahissait le respect de la personnalité de la peine. Le droit belge veut que seul le responsable lui-même d'une infraction puisse être puni.

Pour rappel, les incidents mis en cause dans cette affaire s'étaient déroulés samedi dernier. L'Antwerp recevait Virton dans le cadre du championnat de division 2 et, à la fin d'un match au dénouement houleux, les supporters anversois avaient accueilli la victoire des leurs par des chants anti-wallons ("les Wallons sont des pédophiles" ou encore "Et les Wallons, c'est du caca"). Certains joueurs locaux, en dansant ou en haranguant la foule, avaient d'ailleurs participé à ces débordements en incitant les supporters à continuer à pousser la "chansonnette".

Excuses nuancées du RC Genk

Dans un contexte communautaire toujours tendu, ces incidents font suite à ceux qui ont éclaté le 1er novembre à Tubize, où le président des Brabançons était monté sur le terrain pour demander une réaction des arbitres face aux chants anti-wallons des supporters de Genk.

Le club limbourgeois a d'ailleurs publié ce jeudi un communiqué en français dans lequel il présentait sa position sur le sujet.

"[...] Dès l'entrée de Monsieur Derwa, représentant du club de Tubize, sur le terrain, cet incident a pris des proportions très importantes. Des chants sont très fréquents lors des matches de foot. Ils sont parfois insultants, mais en général, plutôt ludiques. Il est certain que nos supporters n'avaient nullement l'intention d'offusquer les supporters Wallons. Le KRC Genk et la OSV (organisation coordinatrice des supporters) se retrouvent dans les propos de l'Union belge, et confirment que les chants étaient ludiques, avec pour seul but de taquiner. Si cet incident a pu offenser certaines personnes, nous tenons à nous en excuser. Nous regrettons que les médias francophones grossissent de tels incidents, plutôt que d'investir leur énergie à remédier à ce développement négatif dans les stades. Le KRC Genk et la OSV s'engagent à être plus modérés dans le choix de leurs chants, et à tout mettre en œuvre pour éviter des chants insultants à l'avenir. Le KRC Genk sanctionnera sévèrement tout supporter ne respectant pas cet engagement. Le respect d'autres cultures est une des principales valeurs de notre communauté Genkoise avec ses plus de quatre-vingt nationalités."

© La Libre Belgique 2009