Nordin Jbari a bien failli être l'homme du match, hier après midi, au Parc Astrid. Auteur d'un but magistral des trente mètres, l'ancien Anderlechtois a entretenu l'espoir des partisans du Cercle et... du Standard, en égalisant à quelques minutes de la fin d'une rencontre plus passionnante qu'on l'avait craint.

Mais dans les arrêts de jeu, lors de la dernière occasion de la rencontre, c'est Walter Baseggio qui volait la vedette à son ancien équipier et qui, surtout, sauvait deux points pour le leader du championnat.

Deux jours après le coup de tête d'Emile Mpenza au Mambourg, la frappe de Baseggio sonne comme une réponse du berger à la bergère: Anderlecht maintient ses huit points d'écart avec son plus proche poursuivant et entrevoit la trêve avec sérénité, même si Hugo Broos craint depuis plusieurs jours déjà le déplacement à la Louvière, dimanche prochain.

Hier, le spectateur neutre pouvait craindre le pire, au coup d'envoi. D'un côté, il trouvait un Cercle Bruges très défensif et agressif, avec le seul Jbari en pointe, alors qu'on pensait retrouver en face des Anderlechtois fatigués mentalement et physiquement après la déception bavaroise de mercredi. D'autant que Broos était privé d'Aruna, de De Boeck, de Deschacht et de Zitka au coup d'envoi et optait dès lors pour un 3-5-2 avec Iachtchouk associé à Mornar en pointe.

Un Iachtchouk brillant pendant quarante-cinq minutes, puisqu'il marquait de volée le premier but du match et offrait le second à Mornar au terme d'un bel effort personnel. Entre-temps, Vandenbussche rétablissait l'égalité en sautant plus haut que Tihinen sur corner, pour la seu- le occasion brugeoise de la première mi-temps.

À la reprise, on imaginait que les Bruxellois allaient tranquillement tuer le suspense et ils recevaient d'ailleurs plusieurs vraies chances de le faire, mais à moins d'un quart d'heure du terme, c'est Jbari, donc, qui glaçait le stade d'un maître tir des trente mètres. Et trois minutes plus tard, c'est même Meyssen qui héritait d'un ballon en or pour faire 2-3, mais Peersman déviait in extremis, justifiant son statut de remplaçant de valeur pour Zitka.

Un arrêt décisif, sans aucun doute, suivi, dans les arrêts de jeu, du but de Baseggio, au terme d'une ultime mêlée devant Begeyn, crucifié au petit rectangle.

Broos en potition de force

Anderlecht a remporté de toute justesse un match qu'il devait gagner cent fois mais qu'il a failli perdre.

L'an passé, le Sporting n'aurait probablement pas inscrit ce troisième but en toute fin de rencontre. C'est ce qu'on appelle la chance du champion. En tout cas, elle permet à Hugo Broos d'aller conclure, en fin de semaine, les négociations sur son nouveau contrat en position de force.

© La Libre Belgique 2003