ENTRETIEN

La nuit fut courte pour Robert Waseige. La délégation belge est revenue à trois heures et demie du matin de son minitrip à Patras et à midi, le sélectionneur national participait à une réunion de la Commission Coupe du monde (où le départ des Diables rouges pour Kumamoto été officialisé au 22 mai, mais le matériel et quatre personnes du staff partiront déjà le 20).

Malgré la fatigue, Waseige restait très lucide quand il revenait sur la défaite de ses joueurs, la veille, avec trois buts encaissés dans la dernière demi-heure.

Contre la Norvège, c'était une reprise de contact du groupe après la qualification. Mercredi, il s'agissait de tenter quelques expériences, car ensuite, on sera proche de la compétition et il faudra donc mettre une équipe en place. Dans ce contexte, je suis satisfait: j'y vois déjà plus clair.

La fin fut mauvaise, mais je retiendrai une bonne heure de jeu, deux buts en déplacement et plusieurs occasions bien construites. En face, il y avait des qualités. Les trois buts ne doivent donc pas tout remettre en question.

Quels enseignements Waseige a-t-il pu retenir de cette rencontre? Ils sont de plusieurs ordres.

1. La défense centrale. Montrée du doigt, elle est... défendue par le coach. Il est évident que la paire Van Meir-Valgaeren était la plus complémentaire. L'absence de Joos m'ennuie, mais on ne peut rien y faire. J'estime disposer de quatre joueurs pour deux places (NdlR: Van Meir, Clément, Van Buyten et De Boeck) et ce n'est pas si mal. C'est vrai que des erreurs ont été commises, en marquage et en placement, mais n'en faisons pas un drame.

2. Les leaders naturels. Que le groupe manque de fortes personnalités, ce n'est pas un scoop. Avec un autre style, Verheyen sera le successeur de Wilmots dans ce rôle... si Marc prend sa retraite. L'absence de ces deux joueurs en même temps a certainement joué un rôle. Mais d'une manière plus générale, on sait qu'on dispose d'un bon groupe, mais pas de deux équipes au même niveau.

3. Baseggio. Je voulais l'essayer dans un rôle purement défensif et ce ne fut pas un flop. Mais il n'a pas les qualités de Vanderhaeghe. La polyvalence de Walter peut, actuellement, être un désavantage, mais sur la distance, c'est un atout.

4. La suite de la préparation. Avec la venue de la Slovaquie, on entre dans une autre phase de la préparation. Je ne tiens pas à faire de nouvelles expériences, on va se diriger tout doucement vers la configuration définitive, même s'il ne faut pas me demander d'aligner les onze joueurs qui rencontreront le Japon le 4 juin. Mon but, c'est que le groupe soit prêt physiquement à la fin mai, qu'il soit équilibré dans tous les compartiments du jeu et qu'il ne soit pas saturé mentalement. En Grèce, c'était le dernier match pour quelques essais.

Vandendriesche sera notre roisième gardien

Sans le dire ouvertement, Robert Waseige a fait comprendre, hier, que Franky Vandendriessche pouvait préparer ses valises pour Kumamoto. Sauf accident, le portier de Mouscron sera le troisième gardien des Diables rouges.

C'est Gillet ou lui. Vandendriessche traverse une excellente période. Gillet, lui, est très attaché aux Espoirs, dont il est désormais le capitaine. Je comprends qu'il tienne au Championnat d'Europe, aboutissement d'une aventure de deux ans. Il prendrait peut-être une sélection comme une punition et je ne suis pas du genre à infliger des punitions... C'est clair.

© La Libre Belgique 2002