Le sélectionneur donne des précisions sur son avenir à la tête des Diables.

Quand il dresse le bilan et ses perspectives, Marc Wilmots est plutôt satisfait. Et la conversation tourne rapidement autour de son avenir. Forcément, car c’est un sujet qui n’est jamais loin, expliquent nos confrères de la DH.

"Si on reste dans le Top 10 pendant six ans, c’est qu’on aura fait du bon travail. On voit aussi que le football belge est davantage respecté. Avec un tel classement mondial, on vient chercher des joueurs dans notre championnat, les clubs peuvent demander plus et les agents ne vont pas s’en plaindre. Les droits télé ont explosé, les Diables font vendre. On n’a donc qu’une seule envie : continuer ensemble. Voilà pourquoi j’ai dit que je resterai jusqu’en 2016. Je veux tirer les U21 et les U19 dans le même sillage pour laisser quelque chose après moi. C’est ce qui s’appelle préparer l’avenir."

Vous parlez de 2016, mais vous êtes sous contrat jusqu’en 2018 !

"Depuis ma prolongation, je n’ai jamais caché qu’il y avait une clause dans mon contrat qui me rend libre de faire ce que je veux. Où est le problème ?"

N’est-ce pas une manière de dire à la Fédération : préparez l’après-Euro sans moi…

"Non. L’Union belge ne sera pas prise au dépourvue. Qu’est-ce qui s’est passé au printemps dernier ? Schalke m’a contacté, j’ai été honnête et je l’ai dit publiquement. J’ai ensuite attendu l’après-match de Cardiff pour en reparler."

Entre-temps, le manager de Schalke vous a pigeonné…

"Je ne dirais pas ça comme ça. Mais cela montre que j’ai raison de ne pas être allé à Schalke. J’ai juste écouté l’offre, par politesse, puis j’ai vite pris ma décision. Cela ne m’a pas perturbé, ni mon groupe. Je connais mes joueurs : on bosse bien ensemble, mais ils font leur vie de leur côté."

Que se passera-t-il si une nouvelle offre arrive demain sur votre table ?

"Un pays ou un club peut mettre dix millions d’euros sur la table demain, ce sera non. Je ne discuterai même pas. Je ne peux pas être plus clair que ça. J’ai juste écouté Schalke parce que c’était un club de cœur."

Qu’avez-vous dit à la Fédération sur votre avenir ? Êtes-vous sur la même longueur d’ondes ?

"Les dirigeants comptent sur moi jusqu’en 2018 et moi aussi. Mais j’ai cette clause dans mon contrat. J’aime être libre. Donc je ne vais pas dire aujourd’hui : je serai là jusqu’en 2018 pour ensuite revenir sur ma parole. Sinon, j’aurais l’air con. Je veux être juste et clair envers les supporters."

Aviez-vous déjà reçu de grosses offres avant le Brésil ?

"Évidemment. Les autres ne sont pas aveugles, ils voient bien le travail qu’on réalise ici…"


"Les Diables ne coûtent pas cher, ils rapportent même beaucoup !"

Wilmots évoque ses relations avec la Fédération et sa vision des Espoirs.

Pourquoi avez-vous voulu qu’Enzo Scifo entraîne les Espoirs ?

"En fait, je voulais l’avoir il y a un an pour les U17. Avec Steven Martens, on se disait qu’il aurait été bien de réunir toutes les têtes pensantes autour des jeunes : Walem, Verheyen, Scifo, Borkelmans et moi. Après le départ de Steven, on n’a plus eu de budget pour Enzo, resté en stand-by. Suite au départ surprise de Johan Walem, j’ai pensé qu’Enzo était le candidat idéal, pour diverses raisons. Il a de l’expérience, il ne cherchera pas à partir ailleurs, il va mettre une énergie énorme dans son boulot et il a vécu une bonne partie de sa vie à l’étranger. C’est important, car nous avons de plus en plus de jeunes expatriés. Il fera évoluer les Espoirs comme on évolue en équipe A, avec un système précis. Il recevra d’ailleurs le contenu de mes séances de théorie."

Pourquoi la nomination d’Enzo a-t-elle tant traîné ?

"Il fallait attendre le vote. Le débat de sa maîtrise du néerlandais a été lancé par une seule personne. C’était une fausse polémique et aujourd’hui, je suis ravi pour Enzo. Pourtant, si une personne pensait qu’il aurait du mal à retrouver du travail, c’est moi. On a toujours été mis en conflit, on ne s’était pas vu depuis quinze ans. Mais je pense qu’à ce moment-ci, c’était la meilleure personne pour s’occuper des Espoirs."

Fin juillet, vous avez lancé dans les médias un appel à plus d’unité à la Fédération. Avez-vous été entendu ?

"Oui, on a bien avancé. Avant, chacun empruntait son propre chemin et c’était compliqué de travailler de la sorte. Il n’y avait plus de ligne directrice. Ici, on s’est remis autour de la table avec le département communication et le marketing. Je n’ai pourtant pas toujours été en faveur de nos projets de communication. Comme les défis des Diables. Ou le documentaire : je pensais, au départ, que c’était un peu exagéré. Mais ils avaient raison. Cela a aidé à faire revenir les gens au stade. Quand on travaille ensemble, on peut faire de très bonnes choses."

Les dépenses des Diables ont été critiquées…

"Pourtant je peux vous dire que les Diables ne coûtent pas cher ! Ils ont même rapporté beaucoup d’argent. Mais ce n’est pas à moi de savoir où va l’argent ensuite. Il y a eu des erreurs, à nous d’en tirer des leçons. Les stages, on les a toujours payés avec les matches, comme aux États-Unis et en Suède. Nous logeons à Bruxelles dans un hôtel quatre étoiles : je ne pense pas que c’est exagéré. Jamais nous n’avons dépassé nos budgets."

Même celles des scouts ? Des notes de frais assez élevées ont été dévoilées dans la presse…

"Avant même cette affaire, on a demandé à pouvoir réserver des tickets nous-mêmes, pour avoir le prix le plus bas possible. Je suis un fils de fermier : je n’aime pas jeter l’argent par les fenêtres. Je préfère les réinvestir pour les jeunes."