Neuf jours à peine après avoir fêté son vingtième anniversaire, Axel Witsel a reçu le plus beau cadeau imaginable. Une fois les fastes cérémoniaux d’Ostende accomplis, le médian liégeois s’est offert une soirée en privé.

"Dans un premier temps, je suis resté au casino où j’ai bu un verre avec Lucien et Dominique D’Onofrio, Igor De Camargo et Steven Defour, notamment."

L’enceinte de la remise du trophée délaissée, le lauréat et des proches ont été se rassasier. Mais pas dans un restaurant cinq étoiles . "Quelques amis et ma famille m’ont accompagné pour manger dans un pita-grill."

Pas trop de paillettes donc, malgré un succès naissant couronné avant-hier. Voilà qui correspond au caractère et au tempérament réservé d’un professionnel qui vient d’achever sa seconde année civile complète. "Il y a trois ans, jamais je n’aurais osé miser sur le décollage de ma carrière. Encore moins sur l’obtention d’un Soulier d’Or ! Dans la vitesse à laquelle tout s’est enchaîné réside la plus grande surprise de ma réussite."

Avant cette éclosion fulgurante, Axel Witsel a peaufiné sa formation au sein du club liégeois où Christophe Dessy, Arnold Rijsenburg, Hamid Lazaar, Lazare Mayanda ou encore Christophe Lonnoy se sont succédé pour en faire le joueur pro qu’il est aujourd’hui. "Ce qui m’arrive est magnifique. Cette soirée, je l’ai appréciée avant de rentrer à l’hôtel et de déposer mon trophée sur ma table de nuit. Sans en rêver durant mes cinq heures de sommeil."

Milan Jovanovic , dont la déception apparaît légitime, n’est pas oublié par son coéquipier. "Comme moi, il aurait pu obtenir ce prix. On ne doit pas oublier qu’il a joué malgré sa pubalgie !"

Un an après son capitaine Steven Defour, Axel Witsel a vu son GSM s’enflammer après la cérémonie. "Parmi la quarantaine de messages reçus, je ne veux en retenir un en particulier." Mais il a apprécié celui de Michel Preud’homme : "Il m’a lancé. Si j’ai acquis cette récompense, c’est donc aussi un peu grâce à lui."

La tête bien vissée sur les épaules, Axel Witsel sait que la distinction ne l’autorise nullement à croire qu’il lui suffira de paraître pour grandir encore.

"Je conserve d’inoubliables images de cette soirée. Mais je sais aussi qu’il y a déjà un déplacement délicat et important à Westerlo dimanche. Dès ce jeudi, je reprends les entraînements, comme d’habitude."

En Campine , une victoire est à l’ordre du jour afin de demeurer accroché à Anderlecht et d’espérer réaliser l’objectif ultime de la présente campagne. "L’essentiel tient d’abord à reconduire notre titre de champion de Belgique. Pour la suite de ma carrière, je suis sous contrat avec le Standard jusqu’en 2013. Il ne m’appartient donc pas de décider seul de quand et où je pourrais partir."

Si de nombreux clubs ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt, le Diable Rouge nie toute préférence, mais admet ne pas vouloir faire toute sa carrière en bords de Meuse. "Le top ou le subtop, je me sens prêt."

La gestion médiatique ne l’effraie pas non plus. Afin de ne pas (trop) perdre de sa concentration, des choix sélectifs devront être effectués. "Je ne pourrais pas répondre à toutes les sollicitations. Un tri devra être opéré."

L’essentiel de l’avenir du joueur doit être façonné sur la pelouse, pas en coulisses. "Je ne peux qu’être content d’arriver au niveau qui est le mien. D’autant que je représente une fierté pour le club. Le plus dur s’annonce. Je vais devoir assumer mon statut."