Certains, dont le parquet de l’Union Belge, avaient réclamé une sanction exemplaire à l’encontre d’Axel Witsel suite à sa faute grave sur Marcin Wasilewski, dimanche. Ils ont été entendus par le Comité sportif. Le Standardman doit payer une amende de 2 500 euros et, surtout, il est suspendu jusqu’au 23 novembre 2009, sans sursis. Soit pour 10 matches de championnat. Le Comité sportif ayant annoncé qu’il allait transmettre une copie du dossier à l’UEFA et à la FIFA, la suspension pourrait être étendue au niveau international. Si cela devait être le cas, Axel Witsel ne pourrait pas jouer les quatre premiers matches de poule de la Ligue des Champions.

Arrivé peu avant la séance en compagnie de Pierre François, Axel Witsel n’arborait pas franchement un sourire. Accueilli par des paroles peu amènes de "subtils" supporters anderlechtois, le médian ne réagit pas. Il reste impassible, mais on sent qu’il est touché par ce qui lui arrive. René Verstringhe ouvre la séance quelques instants plus tard. Le président du Comité sportif, commence par lire le rapport de l’arbitre. "A la 25e minute, M. Witsel s’est rendu coupable d’une très grossière faute en mettant le pied en avant et en arrivant sur le tibia de M. Wasilewski. Ce dernier n’a pas pu continuer et est sorti sur civière. Suite à cela, il y a eu une exclusion directe pour M. Witsel" , a retranscrit Jérôme Efong Nzolo. Après le visionnement des images, l’arbitre a déclaré qu’il n’avait rien à ajouter. Le Comité sportif lui a demandé des précisions. "M. Witsel est-il venu dans votre vestiaire après le match ?" "Je n’ai plus vu M. Witsel après son exclusion" , répond Nzolo. "Comment étaient les joueurs avant ce match très important ?" "Comme d’habitude. Ils n’ont pas montré de signes les uns envers les autres. Il n’y a pas eu de problème" , a ajouté l’arbitre avant de se retirer.

Le parquet de l’Union belge a alors pris la parole. "On a vu les images. Elles sont horribles. Un tacle le pied en avant, la jambe tendue, au-dessus du ballon. D’après le parquet, il n’y avait pas l’intention de jouer le ballon. C’est une des fautes les plus graves qui mérite une suspension très lourde. Vu le casier blanc de M. Witsel, le parquet requiert une suspension jusqu’au 31 décembre avec un sursis éventuel à partir du 16 novembre. A cela s’ajoute une amende de 250 €." Le Comité sportif, qui n’a pas retenu de circonstances atténuantes s’est même révélé plus sévère. Après avoir qualifié l’acte d’"agression" , il a justifié sa décision, estimant qu’Axel Witsel a agi "sans avoir l’intention de jouer le ballon" . "Qu’au début, l’agresseur ne se souciait pas de l’état de la victime et qu’il a même contesté la carte rouge" , que "ni l’agressivité avec laquelle l’adversaire aurait éventuellement joué ni l’enjeu du match ne peuvent justifier les faits" , que l’argument "qu’on n’a pas voulu causer une double fracture de la jambe n’est pas relevant" , qu’on "ne peut exclure qu’une telle blessure mette immédiatement un terme à la carrière de l’adversaire". Witsel est donc suspendu jusqu’au 23 novembre.

Une fois le verdict connu, Pierre François a immédiatement fait savoir que "le club et le joueur ont introduit le recours prévu par le règlement disciplinaire devant le comité d’appel, constatant que plusieurs moyens développés dans cette décision n’ont jamais été abordés en séance et estimant la sanction très largement supérieure à la jurisprudence des instances disciplinaires de l’Union belge, spécialement si l’on analyse la phase comme un fait de jeu". De son côté, Witsel tenait à nouveau à s’excuser, comme il l’avait fait après le match. "Je présente mes excuses à Wasilewski, à sa femme, à ses enfants et au reste de sa famille, a-t-il ainsi déclaré pendant la délibération du comité sportif. Je regrette énormément ce qui s’est passé. Lorsque l’arbitre a laissé l’avantage, j’ai vu que je pouvais avoir le ballon. Je vais vers lui et je vois que Wasilewski veut le dégager. Je veux mettre mon pied sur le ballon pour le contrer et continuer l’action mais, malheureusement, il a touché le ballon avant moi et est arrivé ce qui est arrivé." Dans le camp anderlechtois on préfère ne pas réagir, "par respect pour les instances compétentes". Interrogé sur la sanction délivrée, Ariël Jacobs a même été plus clair : "Je m’en fous !"