Ce mercredi soir, le Celtic accueillait le FC Barcelone en Ligue des champions dans l'enceinte du Celtic Park et de son ambiance hors-du-commun. Reportage à Glasgow.


Quand on arrive aux abords du Celtic Park, dans le quartier de Parkhead à l’est de Glasgow, la façade du stade annonce d’emblée la couleur (verte): "Welcome to Paradise". Le paradis c’est le surnom donné aux supporters locaux à leur enceinte mythique qu’ils retrouvent chaque week-end avec la même fidélité qu’un religieux pieux pour son lieu de culte.

Ce n’est pas Jamie, 73 ans, un béret sur la tête et une écharpe rayée blanche et verte serrée autour du cou, qui dira le contraire. Ce papy de Glasgow à l’accent scottish a vu son premier match avec son père à neuf ans. "Ce soir, je pense qu’on va perdre 1-3. La plus belle équipe du Celtic que j’ai connue, c’était celle de 1967 qui avait gagné la Coupe d’Europe", assure-t-il avec un brin de nostalgie alors que les cornemuses résonnent lors du passage des bus des joueurs.


"Football without the fans is nothing"

Au Celtic, le club catho de Glasgow, on n’oublie apparemment pas les icônes. Une des tribunes latérales porte le nom de John "Jock" Stein, l’entraîneur qui avait remporté la coupe aux grandes oreilles en 1967 et dix titres dont neuf consécutifs entre 1966 et 1974. La maxime gravée sous sa statue rappelle l’adage de ce club mythique: "Football without the fans is nothing".

© Montagr DH

Lorsque le "You'll Never Walk Alone" est entonné par tout le stade juste avant l’entrée des joueurs, difficile de ne pas avoir la chair de poule.


Que dire alors de ce moment magique durant lequel l’hymne de la Ligue des champions retentit? Pendant une minute électrique, tout le stade encourage son équipe. Le terme douzième homme prend alors tous son sens.



Tiki-taka contre Fighting Spirit

Le public écossais a bien évidemment compris le rôle qu’il pouvait jouer pour aider ses poulains à résister face à Messi et au génie de toute sa clique. En première période, comme à l’accoutumée, le Barça monopolise le ballon. Face à la vista de la MSN (Messi-Suarez-Neymar), les locaux répondent par leur courage et leur solidarité.

S’il y a un joueur qui incarne parfaitement le "fighting spirit" de l’équipe de Brendan Rodgers, c’est bien l’ancien international écossais Scott Brown. Dans l’entre-jeu, le capitaine emblématique est au four et au moulin taclant et harcelant sans relâche les Catalans sous les encouragements de ses supporters qui en redemandent.

© Photo News

Ça ne suffit pas car Messi d’une demi-volée imparable ouvre le score sur une passe lumineuse de Neymar (24e).

© Photo News

Rodgers et son 4-2-3-1 ont bien du mal à inquiéter ter Stegen. Esseulé sur le front de l’attaque, Moussa Dembélé, la nouvelle coqueluche de l’équipe, se bat comme un beau diable face à Piqué et Mascherano. La pépite française a du boulot… Sur la seule véritable action des locaux, sa frappe enroulée est captée en deux temps par le portier hollandais. A la pause, le Celtic plie mais tient le choc.


"Scotch pie" et "cup of tea": What else ?

Pour retrouver la salle de presse du stade, c’est aussi compliqué que de se promener dans une usine à gaz. Le stade est un véritable labyrinthe. Comme ce fut le cas avant le match, on manque de rentrer dans le couloir des joueurs (le temps de saluer l'ancien Diable rouge Logan Bailly, troisième gardien du Celtic) ou dans les cuisines du restaurant des loges VIP.

On se contente de se réchauffer en mangeant une Scotch pie (tarte écossaise) et en sirotant un thé bouillant avec les journalistes locaux et catalans. On se rend compte qu’on partage alors la même analyse de la première mi-temps qu’un confrère espagnol en plein Facebook Live. "Messi est extraordinaire tout comme le public écossais." Pas mieux…


Le pénalty tue le match, pas l’ambiance

Au retour des vestiaires, Brendan Rodgers a, semble-t-il, réussi à remobiliser ses joueurs. Les Hoops poussent pour revenir au score. Dembélé a une nouvelle fois la balle d’égalisation mais sa tête manque de pêche. Le Barça en difficulté s’en remet à la ruse de Suarez qui, dos au but, se fait ceinturer par Izaguirre.

© Photo News

Daniele Orsato, l’arbitre italien de la rencontre, n’hésite pas et indique le point de péno. Ce n’est ni du goût du public qui gronde, ni de Brendan Rodgers qui critiquera cette décision en conférence de presse. Messi, sans état d’âme, prend Craig Gordon à contre-pied et tue le match. Pas l’ambiance…

Pendant les trente minutes restantes, le public du Celtic Park ne va pas s’arrêter de chanter. Le clou du spectacle restant sans doute la reprise du tube "It’s an heartache" de Bonnie Tyler durant lequel des milliers de supporters vont tous brandir, comme des cierges, le flash de leur GSM.

Avec cette défaite (0-2), les Écossais sont éliminés mais ils ont au moins gagné l’estime des supporters adverses puisqu’à deux reprises les Barcelonais vont se prosterner pour les remercier du spectacle proposé. Respect…