«Dieu et le diable ont pris leur retraite », titre lundi en une le principal quotidien sportif argentin Ole, après l'exclusion du capitaine français Zinédine Zidane dans la prolongation de la finale du Mondial de football, remportée par l'Italie dimanche à Berlin.

La victoire des Italiens n'est mentionnée dans Ole qu'en deuxième titre, le grand quotidien sportif préférant s'attarder sur la retraite du joueur français. Dans son éditorial, Ole explique cette décision, prise «après des débats ardus », en raison du cadeau offert par Zidane: «Un moment magique qui a fait que ce Mondial valait la peine », en référence au penalty tiré tout en douceur par le capitaine français, «devant le meilleur gardien de but du monde ».

«A nous les amoureux du football, Zidane nous a offert un bijou », écrit encore le journal, qui ne s'explique pas par ailleurs la «réaction injustifiable et impardonnable » du capitaine français, ange et démon à la fois.

Sévère avec l'Italie

Jugeant sévèrement la partie, Ole estime que l'Italie doit surtout sa victoire à la «solidité » de son équipe après un match où elle n'a pas brillé. «Forza la defensa » (allez la la défense), estime ainsi le journal.

Pour le quotidien La Nacion, l'Italie a gagné «avec le sceau de son histoire » et «fidèle à sa tradition de jeu terne, basé sur l'esprit collectif et le pouvoir physique ». Pour l'autre grand quotidien argentin, Clarin, la gloire est certes «azzurra », mais «l'Italie a brandi la Coupe parce que son équipe a été forte dans la disgrâce, ils ont accepté un penalty offert contre l'Australie, éliminé l'Allemagne sans briller et face à la France, ils ont eu la part de chance qu'ont toujours les champions », écrit encore le journal.

Les deux journaux reviennent eux-aussi longuement sur l'exclusion d'un «génial » Zidane, après «un geste de folie ».

«Zidane est un génie, bien sur qu'il l'est. Mais les fous comme on le sait sont tous fous », écrit Clarin, tandis que La Nacion revient sur les cartons rouges décrochés par Zidane tout au long de sa carrière. «L'homme qui a le plus et le mieux utilisé son cerveau au cours des dernières vingt années de football a perdu la tête en une seconde et a donné ce coup de tête qui nous fait encore mal », écrit le journal.