Comme à son habitude, il a réservé la primeur de l'annonce à l'un de ses sponsors.

Hier, sur l'antenne de Canal+, Zinedine Zidane a officialisé la fin de sa carrière. Le Français fera ses adieux après la Coupe du Monde. Zidane avait déjà informé les capitaines et les dirigeants du Real Madrid qu'il n'irait pas au bout de son bail. Bien qu'il ait encore un an de contrat avec le club castillan, il n'a pas envie de faire l'année de trop.

«Après le Mondial, j'arrêterai de jouer au foot», a-t-il déclaré. «Ma décision est cette fois définitive. C'est quelque chose qui me trotte dans la tête depuis un petit moment et j'ai envie de le dégager de mon esprit. Je ne peux pas arriver à Madrid après le Mondial et trois semaines de vacances et dire: Voilà c'est moi, il faut trouver un autre joueur.»

Deux raisons ont, semble-t-il, poussé «Zizou» à arrêter les frais. D'une part, une forme de lassitude. À près de 34 ans, le Marseillais ne ressent plus la même joie de jouer. D'autre part, il sent que, physiquement, son corps ne répond plus comme il le souhaiterait.

«Je pense que c'est surtout mon corps», a déclaré le capitaine des Bleus. «Ça fait deux ans que les résultats ne sont pas là. Et les résultats, on en connaît l'importance dans un club comme Madrid. Je n'ai pas envie de repartir une troisième année en sachant que je ne pourrai pas faire mieux que ce que j'ai pu faire. J'arrive à un âge où c'est de plus en plus difficile.»

Tout au long de la saison, il a connu plusieurs bobos qui l'ont obligé à prendre du repos ou à jouer diminué. Bref, il veut quitter les stades la tête haute, fier d'une carrière exceptionnelle.

À Madrid, «ZZ» va laisser un grand vide. De tous les «Galactiques», il était de loin le préféré des socios. Là où Ronaldo, Roberto Carlos, Robinho ou Beckham ont souvent fait l'objet des foudres du public de Bernabeu, Zidane a toujours été adulé, applaudi, épargné. Et lorsque l'on demande aux joueurs du Real de citer le meilleur joueur avec qui ils ont évolué, tous répondent: «Zidane».

Arrivé à Madrid en 2001, Zizou a marqué une époque à l'instar des plus grands joueurs de la «Maison Blanche», Alfredo Di Stefano, Ferenc Puskas, Francisco Gento, Amancio, Michel ou Butragueno. Nul n'a oublié son but de légende inscrit en finale de la Ligue des Champions 2002 face à Leverkusen: sur un centre de Roberto Carlos, Zidane inventa une reprise de volée magistrale du pied gauche qui termina sa course en pleine lucarne. Nul n'a oublié ses grands ponts, ses dribbles, ses râteaux. Voici quelques semaines encore, il signait un hat-trick face au FC Séville, incitant les aficionados à sortir leur mouchoir blanc en guise d'admiration. Comme lors des plus belles corridas.

Pour l'heure, le Real traverse une grave crise, il n'est même pas sûr de terminer deuxième de la Liga. L'ambiance est très tendue dans le vestiaire et dans les bureaux de Chamartin. Mais le 7 mai, pour le dernier match de Zidane à Madrid, Bernabeu affichera complet. D'ores et déjà, toutes les places sont vendues! Que le Real gagne ou perde, «Zizou» sera fêté comme un héros, comme un dieu.

Il est question que le Français devienne une sorte d'ambassadeur du Real à l'étranger. C'est le voeu de certains. Mais, pour l'heure, l'artiste vaudrait surtout s'offrir un ultime plaisir: offrir une deuxième Coupe du Monde à la France...

© Les Sports 2006