Mike Weir, un gaucher pas gauche

Tiger Woods n'aura donc pas réussi à devenir le premier joueur à remporter le Masters trois fois consécutivement. Très irrégulier, l'Américain a craqué sur le dernier tour du tournoi géorgien, rentrant une mauvaise carte de 75 pour terminer à une modeste quinzième place. «C'était une de ces semaines où rien n'allait. Mais on ne peut pas tout gagner...» confia le numéro un mondial, philosophe et bon perdant.

Miguel Tasso
Mike Weir, un gaucher pas gauche
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Tiger Woods n'aura donc pas réussi à devenir le premier joueur à remporter le Masters trois fois consécutivement. Très irrégulier, l'Américain a craqué sur le dernier tour du tournoi géorgien, rentrant une mauvaise carte de 75 pour terminer à une modeste quinzième place. «C'était une de ces semaines où rien n'allait. Mais on ne peut pas tout gagner...» confia le numéro un mondial, philosophe et bon perdant.

Cette ultime journée fut, en réalité, passionnante et pleine de renversements de situation. Un à un, les candidats à la victoire finale s'effondrèrent. En tête le troisième jour, Maggert vit ses rêves s'effondrer lorsqu'il concéda un triple bogey dès le troisième trou. Ce fut ensuite au tour de David Toms, de Jose Maria Olazabal et de Vijay Singh de céder, tantôt sous le poids de la pression, tantôt sous celui de ce diabolique parcours de l'Augusta National. Même Phil Mickelson, idéalement placé pour remporter enfin son premier Major, ne parvint pas à élever suffisamment son niveau de jeu. Dans ce contexte, il ne resta bientôt que le Canadien Mike Weir - d'une régularité horlogère depuis le début du tournoi - et le surprenant Américain Len Mattiace pour réellement prétendre à la fameuse jaquette verte.

Mattiace en état de grâce

En état de grâce à l'occasion de son premier Masters, Mattiace, 35 ans, collectionna les coups de maître sur les dix-sept premiers trous de ce dernier tour: six birdies et un eagle! Mais sur le dix-huitième, un mauvais drive l'obligea à un coup de remplacement et à un maudit bogey!

C'était tout profit pour Mike Weir qui signa un birdie sur le 15 pour revenir à la hauteur de son rival à sept coups sous le par. Nous étions mûrs, alors que le soleil déclinait sur la Géorgie, pour un de ces play-off dont les Américains raffolent! Celui-ci fut de courte durée. Joué sur le trou numéro 10 (un par 4), il tourna rapidement à l'avantage de Weir. Visiblement stressé, Mattiace envoya son deuxième coup dans les bois, à gauche du green, juste au pied d'un arbre. Le Canadien contrôla la situation et remporta son premier Masters sur un... bogey! «J'ai dû mal à exprimer ce que je ressens» confia Weir, 32 ans, pro depuis 1992 et qui remportait, là, son sixième tournoi sur le PGA Tour. Premier Canadien à s'adjuger l'épreuve, il est aussi le premier gaucher à s'imposer à Augusta. Très abattu, Mattiace ne masquait pas une légitime déception. «C'était comme dans un rêve. J'étais sur un nuage. Tout petit, déjà, je regardais le Masters à la télévision. Et dire que j'ai failli le gagner...» murmurait-il.

Classement final: 1. Mike Weir (Can) 281 (70-68-75-68) vainqueur au 1er trou de barrage; 2. Len Mattiace (USA) 281 (73-74- 69-65); 3. Phil Mickelson (USA) 283 (73-70- 72-68); 4. Jim Furyk (USA) 284 (73-72-71- 68); 5. Jeff Maggert (USA) 286 (72-73-66- 75); 6. Ernie Els (AfS) 287 (79-66- 72-70), Vijay Singh (Fij) 287 (73-71-70-73); 8. Scott Verplank (USA) 288 (76-73-70-69), Mark O'Meara (USA) 288 (76-71-70-71), Jonathan Byrd (USA) 288 (74-71-71-72), José Maria Olazabal (Esp) 288 (73-71-71-73), David Toms (USA) 288 (71-73-70-74); 13. Retief Goosen (AfS) 289 (73-74-72-70), Tim Clark (AfS) 289 (72-75-71-71).

© Les Sports 2003