Le bon conseil de Nicklaus à Weir

Les statistiques sont parfois surprenantes. Jamais, dans l'histoire du Masters, un gaucher n'avait réussi à remporter le tournoi avant la victoire, dimanche, de Mike Weir. Il est, au demeurant, curieux de remarquer qu'un seul autre gaucher à inscrit son nom au palmarès d'un tournoi du Grand Chelem: le Néo-Zélandais Bob Charles, lauréat de du British en 1963.

Miguel Tasso
Le bon conseil de Nicklaus à Weir
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Les statistiques sont parfois surprenantes. Jamais, dans l'histoire du Masters, un gaucher n'avait réussi à remporter le tournoi avant la victoire, dimanche, de Mike Weir. Il est, au demeurant, curieux de remarquer qu'un seul autre gaucher à inscrit son nom au palmarès d'un tournoi du Grand Chelem: le Néo-Zélandais Bob Charles, lauréat de du British en 1963.

Natif de Sarnia, dans l'Ontario, Mike Weir est donc entré dans la légende sur le diabolique parcours de l'Augusta National. Ce n'est pas un hasard si Jean Chrétien, premier ministre canadien, fut le premier à le féliciter après son historique succès. Jamais un citoyen du pays n'avait gagné une épreuve du Grand Chelem!

Au Canada, c'est le hockey sur glace qui est il est vrai le sport national! Gamin, Mike Weir préférait d'ailleurs les joies du palet à celles du swing. Fan de Wayne Gretky, le meilleur joueur de tous les temps, il n'aurait pas craché sur une carrière au sein des Detroit Red Wings ou des Washington Capitals, ses équipes favorites. Mais, à l'évidence, c'est sur les fairways que le jeune athlète était le plus doué. Seul hic: ce swing de gaucher qui le complexait tant au practice. N'y tenant plus, Mike prend sa plus belle plume pour écrire, à 13 ans, à Jack Nicklaus et lui demander s'il ne devrait pas épouser un swing de droitier, comme tout le monde. «Surtout pas. Il te faut conserver ton mouvement naturel», lui répond le sextuple vainqueur du Masters!

Sacré conseil! Depuis, Mike Weir ne se pose plus trente-six questions métaphysiques. Il se contente de frapper sur la balle. Tout droit, très loin, très fort! Sacré meilleur junior de son pays à 16 ans, il ne tarde pas à être repéré par les universités américaines. Sa carrière s'emballe et, en 1992, Mike Weir se lance dans la grande aventure professionnelle. Ses débuts sont discrets, à l'image du personnage. Weir doit attendre 1999 pour sabler le champagne de sa première victoire lors de l' Air Canada Championship. L'année suivante, il remporte le prestigieux WGC American Express Championship et, en 2001, il frappe carrément à la porte des grands en s'adjugheant le très convoité Tour Championship.

Le doute n'est plus permis. Ce gars-là, taillé dans le roc (1,75 mètre sous la toise et 72 kilos sur la balance), est promis au plus bel avenir. Cette saison 2003 ne fait que le confirmer. Avant son triomphe à Augusta, Weirzy avait déjà remporté le Bob Hope Classic et le Nissan Open. Avec son mental de fer, sa concentration de joueur d'échec, son instinct glacial de tueur des greens, Weir réunit bien des qualités. D'autant que son fameux swing de gaucher n'a rien à envier à ceux de ses homologues droitiers...

© Les Sports 2003