La parole aux maîtres!

Premier tournoi du Grand Chelem de l'année, le Masters est aussi le plus prestigieux. Il se joue, il est vrai, sur un parcours exceptionnel où seuls les meilleurs peuvent s'imposer. Dessiné par Bobby Jones (le champion des champions dans les années 30), l'Augusta National (par 72 de 6666 mètres) est un implacable juge de paix qui ne tolère pas la moindre faute.

Miguel Tasso
La parole aux maîtres!
©AP

Premier tournoi du Grand Chelem de l'année, le Masters est aussi le plus prestigieux. Il se joue, il est vrai, sur un parcours exceptionnel où seuls les meilleurs peuvent s'imposer. Dessiné par Bobby Jones (le champion des champions dans les années 30), l'Augusta National (par 72 de 6666 mètres) est un implacable juge de paix qui ne tolère pas la moindre faute. Ici, chaque coup doit être joué parfaitement, sous peine de sanction immédiate sur la carte de score! Sous son air de carte postale fleurie, ce dix-huit trous est un véritable enfer avec notamment des greens aux pentes dantesques, aussi difficiles à lire que les hiéroglyphes égyptiens!

L'édition 2005 de ce tournoi des «Maîtres» s'annonce, en tout cas, passionnante. Jamais sans doute le niveau du golf mondial n'a été aussi élevé. Le fait que trois joueurs (Vijay Singh, Tiger Woods et Ernie Els) se retrouvent dans un mouchoir de poche au sommet du classement mondial en est la plus belle preuve.

Une bataille féroce

Tous les regards seront, bien sûr, tournés vers ces trois ténors à l'occasion de ce Masters qui s'ouvre ce jeudi (télé en direct sur Be Sport et sur la BBC). Tous ont prouvé, depuis le début de la saison, être en grande forme. Singh s'est imposé au Sony Open de Hawaï, Woods a gagné le Buick Invitational et le Ford Championship et Els a remporté les tournois de Dubaï et de Qatar. Quant à Phil Mickelson, quatrième grand favori, il s'est adjugé les tournois de Scottsdale, Pebble Beach et le BellSouth Classic pas plus tard que ce lundi! Bref, il y a embouteillage de stars sur le tee numéro un...

Une fois encore, c'est pourtant Tiger Woods qui alimente toutes les conversations en coulisses. Déjà trois fois vainqueur en Géorgie (1997, 2001 et 2002), le héros black des greens apprécie pleinement ce parcours d'Augusta où il faut à la fois faire preuve de sagesse et de puissance, de maîtrise technique et de sens tactique. Nul n'a oublié son exhibition de 1997 où, en état de grâce, il pulvérisa tous les records, s'imposant avec douze strokes d'avance sur le deuxième en rendant une carte défiant la raison de 270 (18 sous le par)!

Depuis, Woods a ajouté sept autres «Majors» à son tableau de chasse. Mais, curieusement, depuis son succès à l'US Open 2002, il n'a plus remporté le moindre tournoi du Grand Chelem. Zéro sur 10! Voilà qui commence à faire long! Certes, Tiger a des excuses (il a changé de swing, il a obtenu de nombreuses places d'honneur et il s'est marié). Mais cela ne le console pas. Ce Masters tombe donc à point nommé pour lui permettre de remettre définitivement les horloges du golf mondial à son heure...

Reste à savoir ce qu'en pensent ses principaux adversaires. Tenant du titre, Phil Mickelson - enfin réconcilié avec son drive - n'a jamais semblé aussi fort. Numéro un mondial, Vijay Singh (vainqueur du Masters en 2000) est plus solide que jamais. Ernie Els, qui n'a jamais réussi à endosser la veste verte du vainqueur, rêve de vaincre enfin le signe indien. Voilà qui promet une bataille féroce!

D'autant que les outsiders ont les dents longues, à l'image des Américains David Toms, Kenny Perry, Fred Funk, Davis Love III et Charles Howell, du Canadien Mike Weir (lauréat en 2003), du Sud-Africain Retief Goosen, des Anglais Ian Poulter et Luke Donald, des Espagnols Jose-Maria Olazabal et Sergio Garcia ou des Irlandais Padraig Harrington et Darren Clarke.

Au contraire de l'US Open ou de l'USPGA, le Masters a toujours bien réussi aux champions du Vieux Continent. Faut-il y voir un signe?

© Les Sports 2005

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