Le coup de maître de Tiger Woods

Tiger Woods est de retour! Pour la quatrième fois de sa carrière, l'Américain a remporté, dimanche, le prestigieux Masters. Déjà victorieux en 1997, en 2001 et en 2002, il rejoint dans l'histoire Arnold Palmer et n'est plus désormais qu'à deux petites longueurs de Jack Nicklaus, détenteur de six jacquettes vertes! In fine, la victoire du «Tigre» fut plus difficile que prévu.

Miguel Tasso

Tiger Woods est de retour! Pour la quatrième fois de sa carrière, l'Américain a remporté, dimanche, le prestigieux Masters. Déjà victorieux en 1997, en 2001 et en 2002, il rejoint dans l'histoire Arnold Palmer et n'est plus désormais qu'à deux petites longueurs de Jack Nicklaus, détenteur de six jacquettes vertes! In fine, la victoire du «Tigre» fut plus difficile que prévu. Avec trois coups d'avance à l'aube du dernier tour, on le pensait à l'abri de toute mauvaise surprise. C'était mal connaître les talents de compétiteur de son compatriote Chris DiMarco qui, jusqu'au bout, menaça la toute-puissance du héros black des greens. Résultat: ce dernier ne put savourer son triomphe que lors du 1er trou du playoff grâce à un superbe birdie...

Au vrai, faute de combattants (Mickelson, Singh, Donald, Goosen et consorts ne se mêlèrent jamais à la lutte finale), cette dernière journée se résuma à un mano a mano entre les deux Américains. A chaque coup d'éclat de Woods, DiMarco répondait du tac au tac. Au départ du 16e trou, Tiger n'avait plus ainsi qu'un seul stroke d'avance. Son coup de fer de départ échoua sur la gauche du green, en bordure du rough. Un coup très délicat. Véritable magicien, Tiger Woods sortit son Sand Wedge, joua la pente de milieu de green et fit rouler la balle vers la cible. Lentement. Au bord du trou, elle s'arrêta un moment. Puis elle tomba, poussée par le vent de l'histoire. C'était le coup du tournoi!

La fête complète pour Tiger

Avec deux coups d'avance au 17, on pensait la cause entendue. Mais encore tout enivré des délices de son exploit, Tiger concéda deux curieux bogeys sur les deux derniers trous, laissant DiMarco forcer les portes du playoff! Le soleil se couchait sur la Géorgie et les deux héros de cette 69e édition du Masters étaient priés de repartir au combat, sur le dix-huitième trou, pour une «mort subite».

Imperturbable, Tiger joua un bois 3 en plein milieu de fairway, puis un fer 8 en plein centre du green. Il lui restait à enquiller un putt en légère descente de trois mètres pour s'offrir le birdie et la victoire. Il ne se fit pas prier. DiMarco méritait, sans doute, lui aussi, la victoire. Il avait dominé les deux premiers jours du tournoi grâce à deux cartes exceptionnelles de 67 et avait signé un dernier tour magnifique. Mais, à l'heure des comptes, son petit passage à vide lors du 3e tour (un double bogey et trois bogeys sur les neuf derniers trous) lui coûtait très cher. Tôt ou tard, son heure viendra. Complet, régulier, très solide, DiMarco (36 ans) est une valeur sûre du golf mondial.

Pour Tiger, la fête était complète. Non seulement ce 9e succès dans un tournoi du Grand Chelem met fin à 3 ans de disette dans un Major (son dernier succès remontait à l'US Open 2002), mais il lui permet, aussi, de retrouver son trône de n°1 mondial, perdu au profit de Singh.

© Les Sports 2005