Tous les ténors présents à Pinehurst

C'est sur l'un des parcours les plus difficiles des Etats-Unis que se dispute, de jeudi à dimanche, le 105e US Open. Réputé pour ses greens uniques, aussi difficiles à lire que les hiéroglyphes égyptiens, le Pinehurst n°2 (par 70 de 6676 mètres) représente un véritable défi golfique avec quelques trous hallucinants comme le n°5 (un par 4 de 430 mètres), le n°10 (un par 5 de 540 mètres) ou le n°16 (un par 4 de 440 mètres).

Miguel Tasso
Tous les ténors présents à Pinehurst
©AP

C'est sur l'un des parcours les plus difficiles des Etats-Unis que se dispute, de jeudi à dimanche, le 105e US Open. Réputé pour ses greens uniques, aussi difficiles à lire que les hiéroglyphes égyptiens, le Pinehurst n°2 (par 70 de 6676 mètres) représente un véritable défi golfique avec quelques trous hallucinants comme le n°5 (un par 4 de 430 mètres), le n°10 (un par 5 de 540 mètres) ou le n°16 (un par 4 de 440 mètres). Mais plus que les distances, particulièrement longues, c'est le concept de ce parcours de Caroline du Nord, dessiné par Rees Jones, qui impressionne avec des fairways étroits, un rough profond et, bien sûr, des greens diaboliques, rapides comme le marbre d'une salle de bain et ondulés comme les dunes du Sahara!

Brillant vainqueur du dernier Masters en avril, Tiger Woods rêve, bien sûr, de remporter ce deuxième tournoi du Grand Chelem de l'année. Depuis son triomphe à Augusta, le «Tigre» s'est fait discret. Il n'a participé qu'à trois tournois avec des résultats moyens: 11e au Wachovia et 3e au Memorial, il n'a pu franchir le cut (pour la première fois en 142 tournois) au Byron Nelson Classic. Et il a, au passage, perdu sa place de n°1 mondial au profit de Vijay Singh. On se gardera néanmoins de tirer la moindre conclusion de ces résultats: on sait d'expérience que l'Américain n'est réellement motivé que lors des grands rendez-vous et ne joue plus que pour entrer dans l'histoire. Déjà vainqueur de neuf tournois du Grand Chelem (dont deux US Open) durant sa carrière, il a un point de mire le fabuleux record de Jack Nicklaus, lauréat à dix-huit reprises.

Place de n°1 en jeu

La bataille de Pinehurst s'annonce, en tout cas, somptueuse, car tous les ténors ont de bonnes raisons d'être optimistes. Le Fidjien Vijay Singh (déjà vainqueur de trois tournois cette année sur le circuit américain) rêve d'enfin accrocher l'US Open à son tableau de chasse; deux fois vainqueur de l'épreuve (1994 et 1997), le Sud-Africain Ernie Els devrait se régaler sur un parcours aussi long; très adroit dans le target golf, l'Américain Phil Mickelson aura aussi sûrement son mot à dire. Et, à l'heure des pronostics, on aurait tort d'oublier le Sud-Africain Retief Goosen (déjà deux fois lauréat et tenant du titre), l'Américain Jim Furyk (vainqueur en 2003 et en net regain de forme) ou l'Australien Adam Scott (l'un des jeunes les plus doués de sa génération). Même Davis Love III, dont le swing enchanteur n'a pas pris une ride au fil des ans, reste un solide candidat pour le titre.

Et les Européens? Si l'on s'en réfère aux statistiques, leurs chances sont bien minces! Il faut remonter à l'année 1970 pour trouver en effet la trace d'un vainqueur du Vieux Continent dans ce tournoi si particulier: il s'agissait du Britannique Tony Jacklin. Trente-cinq ans de disette: c'est énorme!

Cette année, toutefois, on peut être raisonnablement optimiste. Plusieurs joueurs européens respirent la grande forme. C'est notamment le cas de l'Anglais Luke Donald (qui partagera la partie de Tiger Woods lors des deux premières journées) et, surtout, de l'Espagnol Sergio Garcia (vainqueur dimanche dernier du tournoi de Potomac après un dernier tour exceptionnel). Agé de 25 ans, «El Nino» court toujours derrière son premier sacre en Grand Chelem. Et, tout doucement, cette frustration commence à chatouiller son orgueil...

Une chose est sûre: le spectacle devrait être au rendez-vous sur ce parcours dantesque qui, en 1999, lors de ce même US Open, avait couronné Payne Stewart qui, quelques semaines plus tard, trouvait la mort dans un accident d'avion. Nul doute qu'en arrivant sur le tee numéro un, les participants de cet US Open auront une pensée pour le célèbre et si charismatique champion américain.

© Les Sports 2005