L'Europe s'exporte mal

Padraig Harrington a mis fin à huit ans de disette en Grand Chelem en remportant le British Open à Carnoustie. Mais c'est Justin Rose qui fut le meilleur européen en 2007.

hugues feron

Il est grand temps de dresser les bilans de la saison écoulée, alors que l'European Tour 2008 a déjà repris ses droits depuis deux semaines avec ses premiers tournois disputés en Asie et en Australie, tandis que l'Ecosse, représentée par Colin Montgomerie et Marc Warren s'est imposée face aux Etats -Unis (Heath Slocum/Boo Weekley) sur un des parcours de Mission Hill (Chine) en barrage de la Coupe du monde par paire.

Quelques joueurs européens n'ont pas à rougir de leurs prestations en 2007. Certes, aucun d'entre eux ne semble encore en mesure de contester la suprématie de Tiger Woods au faîte de la hiérarchie planétaire - nous reviendrons sur le bilan mondial la semaine prochaine.

Mais Padraig Harrington a cependant sauvé l'honneur du Vieux-Continent en remportant le 136e British Open. Certes, Harrington, vainqueur sur ses terres de l'Irish Open quelques semaines plus tôt, a bénéficié du zeste de chance nécessaire, sur le parcours écossais de Carnoustie, pour prendre la mesure de Sergio Garcia en play-off. Mais il a surtout enlevé la pression grandissant sur les épaules des joueurs européens en mettant fin à huit ans de disette en Grand Chelem.

Vainqueur de l'ordre du mérite européen 2006, Harrington n'a cependant pas conservé sa place de number one à ce niveau. Il a en effet été dépassé sur le fil par Justin Rose. Du haut de ses 27 ans, le jeune anglais a réussi une saison éblouissante, entamée par un succès au Mastercard masters australien et conclue par une victoire lors de la 20e édition du Volvo masters, la finale du circuit européen.

Justin Rose n'a pourtant disputé que 12 tournois comptant pour l'European Tour. Mais il y a terminé à chaque fois à une place de choix, avec également deux deuxième place (BMW PGA et Alfred Dunhill Championship) et quatre Top 12 en Grand Chelem (5e au masters, 10e à l'US Open, 12e au British Open et à l'USPGA).

A vrai dire, comme tous les meilleurs Européens actuels, l'Anglais donne désormais la priorité au PGA Tour américain. Et à ce niveau, ils ont encore du mal à démontrer l'étendue de leur talent, comme ils le font si bien, au niveau collectif, en Ryder Cup. Cette saison, seul le Suédois Henrik Stenson s'y est imposé, lors de l'Accenture Match Play à Tucson (Arizona), mais aussi son étonnant compatriote Daniel Chopra, vainqueur à Tesoro (Floride) fin octobre alors qu'aucun grand nom du circuit ne participait à l'épreuve.

Afin de se faire une idée plus juste de l'évolution du golf européen, il faut donc surtout regarder le classement mondial. On y constate que, si Harrington (7e) et Rose (8e) font partie du Top 10, Garcia (12e), Stenson (16e), Donald (17e), Fasth (19e), Poulter (20e) et Casey (21e) restent légèrement en retrait par rapport aux meilleurs américains... et au reste du monde.

A eux de passer un cap supplémentaire en 2008, année où ils devront tenter de conserver la Ryder Cup en s'imposant sur terre américaine (du 18 au 21 septembre à Valhalla) avec tous les joueurs précités, ainsi que probablement Lee Westwood et Miguel Angel Jimenez, qui restent des valeur sûres. Les révélations de l'année en Europe, à savoir le Néerlandais Joost Luiten et le Nord-Irlandais Rory McIlroy (qui ont failli tous deux gagner d'entrée de jeu leur premier tournoi sur l'European Tour) seront quant à eux encore un peu trop tendres afin de se mêler à la lutte pour les places restantes, où l'on pourrait retrouver, pourquoi pas, un Français (Havret, Jacquelin, Bourdy ?). A défaut de Belges.