"Une longue pente à remonter"

Didier De Vooght est de retour. Au propre comme au figuré. L'Anversois de 34 ans est revenu en effet, la semaine passée, de son périple en terre australe, où il a passé le cut tant en Australie (59e, +3), qu'en Nouvelle-Zélande (36e, -2).

Hugues Feron
"Une longue pente à remonter"
©Alexis Haulot

entretien

Didier De Vooght est de retour. Au propre comme au figuré. L'Anversois de 34 ans est revenu en effet, la semaine passée, de son périple en terre australe, où il a passé le cut tant en Australie (59e, +3), qu'en Nouvelle-Zélande (36e, -2). Ereinté après plus de 36 h de voyage (Queenstown - Sydney - Singapour - Londres - Bruxelles) et 12 h de décalage horaire, le champion d'Europe amateur 1997 est revenu avec nous sur ses prochains objectifs. Après neuf années de carrière professionnelle, entamée après une 64e place en tant qu'amateur au British Open 1998, Didier De Vooght ne compte en effet pas arrêter sa carrière, loin de là !

Didier De Vooght, quel est votre sentiment suite à vos prestations en terre australe ?

Je suis très satisfait, vu que je me suis bien défendu pendant deux semaines lors de ces tournois de très haut niveau, avec notamment la présence en Australie des joueurs du Top comme Aaron Baddeley, Stuart Appleby ou Robert Allenby. Le bilan est dès lors positif.

Etait-ce prévu à votre programme ?

Non, cela est venu en plus. Jérôme Theunis nous avait dit, avant le 2e tour de la Qualifying School, qu'on pouvait aller en Australie, vu que les premiers joueurs du Challenge Tour qui s'inscrivaient obtenaient directement une place dans le tournoi, tandis que l'on prenait en compte la catégorie en Nouvelle-Zélande. Je n'ai pas hésité une seule seconde, vu qu'il s'agit, à mon niveau, d'une occasion à ne pas rater pour reprendre goût au circuit européen, où je n'avais plus évolué depuis l'Open de St-Omer en 2004.

C'était pourtant assez "risqué", notamment au niveau financier...

Le voyage n'est pas "donné", en effet. Mais avec 5 500 € de prize-money, je suis rentré dans mes frais. Par ailleurs, il fallait que je prenne le risque. Pour prouver à moi-même, mais aussi et surtout aux nombreuses personnes qui m'aident, que je continue à être ambitieux.

Comment se sont déroulés les deux tournois en Australie et Nouvelle-Zélande ?

J'ai rentré à chaque fois une bonne 2e carte de 70 pour passer le cut. En Australie, je n'ai pas bien drivé le week-end tandis que mon putting n'était pas formidable. Il était meilleur en Nouvelle-Zélande. J'ai joué à chaque fois de manière très constante, sans catastrophe mais sans exploit non plus. Un peu à l'image de ma saison, où j'ai mieux joué qu'en 2006 en retrouvant une catégorie sur le Challenge Tour. Mais j'ai encore une longue pente à remonter afin de retrouver le circuit européen.

Comment avez-vous fait pour surmonter aussi vite la déception due à l'élimination lors de la deuxième étape de la Qualifying School ?

En Espagne, cela a mal tourné sur la fin, mais j'avais joué trois bons tours avant un 4e un peu moins bon (76, NdlR) pour terminer à trois coups de la qualification. Ma déception a duré une heure et demie. A l'aéroport de Malaga, c'était déjà fini, vu que je n'avais aucun reproche à me faire. Vous savez, dans une carrière professionnelle, il faut savoir encaisser les défaites, sans quoi vous n'avancez pas !

Dans ce cadre, quels seront vos objectifs pour la saison prochaine ? Un Top 20 sur le Challenge Tour, afin de remonter sur l'European Tour ?

Le Top 20, c'est le but chaque année de quasiment tous les joueurs du Challenge Tour ! Mais suite à mes dernières prestations, je suis "boosté" pour y arriver. En 2008, je pourrai disputer plus de tournois qu'en 2007 où je n'en ai joué que neuf sur le Challenge Tour. J'espère profiter pleinement des invitations obtenues via la Fédération (j'attends une confirmation à ce niveau), et retrouver au minimum un rythme de compétition en disputant une vingtaine de tournois. Vous savez, même une championne comme Justine Henin dit toujours qu'elle met un match ou deux avant de retrouver ses sensations après une période d'interruption. Ce qui est vrai pour une n° 1 mondiale l'est d'autant plus pour des joueurs de notre niveau !

Quand allez-vous débuter votre saison sur le Challenge Tour ?

Le calendrier officiel n'est pas encore sorti. Peut-être en Amérique Centrale, ou en mars au Kenya avant que le Challenge Tour ne revienne en Europe. Je vais en tout cas bien me préparer cet hiver, alors que je donnerai des cours deux jours/semaine à Cleydael/Drie Eycken. A 34 ans, et même si je continue à donner la priorité à ma carrière, je dois aussi penser à ma femme et à mes deux enfants.


Telenet trophy: c'est confirmé Comme nous vous l'annoncions il y a quinze jours dans nos colonnes, la 3e édition du Telenet Trophy, épreuve du Challenge Tour européen, se déroulera du 19 au 22 juin 2008 sur le parcours du Limburg G & CC à Houthalen. Avec une dotation de 140 000 euros, cette épreuve sera organisée en collaboration avec le PGA European Challenge Tour et la Fédération Royale Belge de Golf, a annoncé cette dernière officiellement ce lundi. L'édition 2007 a remporté un grand succès en mai dernier, avec la victoire de Nicolas Vanhootegem sur le parcours de la marache au Royal Waterloo (-17), alors que Didier De Vooght y a terminé 4e et Nicolas Colsaerts 8e. Près de 5 000 personnes avaient fait le déplacement sur l'ensemble des quatre jours de compétition pour encourager leurs compatriotes. Philippe Relecom, Président de la Fédération Royale Belge souligne que "2007 a été une année extraordinaire pour le Telenet Trophy et le système d'invitations a une nouvelle fois permis aux joueurs belges d'obtenir des 'wild cards' pour les tournois du Challenge Tour. Nous espérons que 2008 sera, à nouveau, une excellente année pour l'événement et nos joueurs.". La première édition du Telenet Trophy s'était déjà déroulée à Houthalen en 2006, et avait vu la victoire du Finlandais Toni Karjalainen. (avec Belga)