Mais où s'arrêtera-t-il ?

Vainqueur dimanche, pour la quatrième fois de sa carrière, du "Buick Invitational", l'un des gros tournois de la saison américaine, Tiger Woods a commencé l'année sur un rythme de folie. Il a survolé le tournoi du début à la fin, terminant à 19 coups sous le par avec huit strokes d'avance sur le deuxième, le Japonais Ryuji Imada.

Miguel Tasso
Mais où s'arrêtera-t-il ?
©AP

Vainqueur dimanche, pour la quatrième fois de sa carrière, du "Buick Invitational", l'un des gros tournois de la saison américaine, Tiger Woods a commencé l'année sur un rythme de folie. Il a survolé le tournoi du début à la fin, terminant à 19 coups sous le par avec huit strokes d'avance sur le deuxième, le Japonais Ryuji Imada.

Les statistiques du numéro un mondial deviennent, tout simplement, exceptionnelles. Lors des derniers tournois officiels qu'il a disputés, Tiger a gagné en rentrant des cartes défiant la raison : -22 au BMW Championship, -23 au Tour Championship, -22 au Targed World Challenge et -19 au Buick Invitational !

Le succès du "Tigre" à San Diego revêt une dimension supplémentaire. Il s'agit en effet du 62e de sa carrière sur le circuit américain. Woods rejoint ainsi dans l'histoire le légendaire Arnold Palmer, également lauréat de 62 titres. Dans ce classement très particulier, Woods n'a plus devant lui que Sam Snead (82 titres), Jack Nicklaus (73) et Ben Hogan (64).

Il ne faut pas savoir lire dans les lignes d'un green pour deviner que, tôt ou tard, il dépassera également ces prestigieux aînés. Faut-il rappeler en effet que Tiger n'est âgé que de 31 ans ? Il peut donc raisonnablement espérer gagner des tournois durant encore dix ans, voire davantage. Sam Snead avait 53 ans lorsqu'il remporta son dernier succès. Et Nicklaus (46 ans), Hogan (47 ans) et Palmer (44 ans) avaient également largement dépassé le cap de la quarantaine. C'est dire si la marge de manoeuvre de l'actuel "number one" est encore grande.

De son propre aveu, Woods n'a jamais aussi bien touché la balle. Mieux encore qu'en 2000 lorsqu'il remporta neuf tournois, dont trois Grand Chelem. "J'ai de très bonnes sensations. Je joue en pleine confiance. C'est bon signe pour la suite..." se contente-t-il d'affirmer.

Au "Buick Invitational", sur le somptueux parcours de Torrey Pines (qui accueillera l'US Open en juin prochain), l'Américain a offert un véritable récital de coups gagnants, posant sa balle à côté du drapeau avec des fers 3 contrôlés : un pur régal ! "C'est le meilleur Tiger Woods que j'ai jamais vu : il n'y a aucun déchet dans son jeu", confiait Stewart Cink, résumant le sentiment général des autres joueurs.

Tiger Woods a remporté cinq des six derniers tournois qu'il a disputés. En golf, c'est tout simplement phénoménal et l'on se dit qu'à ce rythme il pourrait, cette année, réussir son "dream" personnel : remporter d'affilée les quatre tournois du Grand Chelem.

En attendant, le héros black des greens s'efforcera cette semaine de poursuivre sa moisson en participant au Dubai Desert Classic. Woods n'a pas l'habitude de participer à des étapes du circuit européen. Mais, cette fois, la tentation était trop grande. Il se chuchote que les organisateurs lui ont promis un chèque de 2 millions de dollars, juste comme prime de bienvenue ! Même lorsqu'on se dirige, tout doucement, vers le milliard de dollars de gains (prize moneys et revenus publicitaires confondus), cela ne laisse pas indifférent...