Le Royal Latem a cent ans d’histoires

Le Royal Latem, sis à Sint-Martens-Latem, célèbre cette année officiellement son 100e anniversaire. Officiellement, car la date de création du club gantois précède sans doute 1909 de quelques années.

hugues feron
Le Royal Latem a cent ans d’histoires
©D.R.

Le Royal Latem, sis à Sint-Martens-Latem, célèbre cette année officiellement son 100e anniversaire. Officiellement, car la date de création du club gantois précède sans doute 1909 de quelques années. Mais c’est cette date qui a été retenue, à savoir celle du premier championnat du club qui se trouvait à l’époque du côté de l’hippodrome de Mont St-Amand, et qui s’appelait le "Golf de Gand".

A vrai dire, l’histoire du golf club de Latem, devenu "Société Royale" dès 1928, est particulièrement riche et passionnante à découvrir. Le club vient d’ailleurs de sortir un livre superbement illustré à ce sujet, écrit par notre confrère Vincent Borremans et préfacé par Jacques Rogge, le président gantois du CIO étant golfeur à ses heures.

C’est Albert Feyerick, riche homme d’affaires qui partageait beaucoup de passions avec la famille royale en général, et Léopold II en particulier, qui est à l’origine du club gantois. Cet escrimeur (qui a obtenu une médaille d’argent olympique), golfeur de la première heure, a ainsi fait appel au pro du Ravenstein Geo Pannell pour dessiner un parcours de 18 trous sur son pavillon de chasse à Laethem-Saint-Martin.

Le terrain, où les travaux débutent en 1909, sera baptisé "Buttes Blanches" en raison des dunes qui le traversent et de la couleur des genêts en fleurs. Il sera inauguré en 1912, à la veille de l’Exposition Universelle de Gand de 1913.

Si Albert Feyerick décède en 1919, puis son frère Ferdinand l’année suivante, le frère cadet, Jacques, propose que les membres du club deviennent propriétaires des installations. Le premier président de la "Sportive" sera Georges Vander Stegen.

Le club, occupé en partie par les Allemands lors des deux guerres mondiales, sera ensuite complètement remis en état. Pour le plus grand plaisir des membres du club, qui connaît alors son "âge d’or". Et ce via trois Open internationaux organisés dans les années 50, ainsi que l’éclosion de Donald Swaelens. Celui-ci se révèle (tout comme Flory van Donck) être l’un des meilleurs joueurs du Vieux Continent, mais décédera prématurément en 1975, à l’âge de 39 ans. Il reste cependant à ce jour le seul Belge à avoir été invité à participer au Masters (1974).

Ces dernières années, le Royal Latem Golf Club (appellation officielle depuis 1979) a poursuivi son développement. Le club-house a été totalement rénové, tandis que club est passé ces vingt dernières années de 500 à 1 000 membres. Ce qui semble être un maximum vu l’exiguïté de ce superbe terrain entretenu quotidiennement, d’une superficie de 40 hectares


"Royal Latem Golf Club", édité chez Lannoo, 190 pages. 45 € (+ frais d’expédition). A commander via Web www.latemgolf.be Déjà cinq clubs centenairesLe Royal Latem n’est pas le premier club belge à fêter son centenaire. L’Antwerp (1888), le Zoute (1898), Ostende (1903) et le Ravenstein (1905), tous devenus golfs royaux, ont déjà soufflé leurs cent bougies. Il conviendrait d’ajouter à ce tableau d’honneur les parcours du Château d’Ardenne et de Spa. On y pratiquait, en effet, déjà le jeu de golf à la fin du XIXe siècle. Mais les clubs furent officiellement inaugurés un peu plus tard, laissant les historiens dans le flou. Ce sont les visiteurs britanniques - hommes d’affaires et diplomates - qui furent à la base de la création de la plupart de ces parcours. De passage en Belgique, ils souhaitaient pratiquer leur sport favori dans un cadre agréable. Le roi Léopold II avait bien compris combien cet engouement pouvait favoriser l’essor économique de son pays. Sans être joueur, il finança de ses propres deniers la construction de trois prestigieux clubs, devenus Donations royales : Ostende (sur la côte), Ravenstein (près de la capitale) et Château d’Ardenne (à Houyet). A Latem, c’est l’industriel Albert Feyerick qui joua les mécènes (voir ci-dessus). Le résultat final est tout aussi remarquable. Le parcours gantois, plutôt court (5 781 m), oblige le joueur à sortir tous les clubs de son sac, à faire preuve d’esprit tactique et de sagesse. Les greens sont centenaires mais n’ont pas pris la moindre ride. Un vrai régal. Prix du Roi en point d'orgueA l’occasion de son centenaire, le Royal Latem Golf Club s’est associé à la banque privée UBS afin que les activités organisées tout au long de l’année soient une réussite totale. Le club, présidé depuis le 22 mars par Francis Meert (qui a succédé à Paul Rappe), aura ainsi un calendrier très chargé. L’inauguration des festivités s’est déroulée samedi, avec le prix d’ouverture du Centenaire en présence des présidents des autres clubs belges, ainsi que des responsables de la FRBG et de la VVG. Une compétition "Men’s day" opposera le 6 mai prochain les Messieurs de Latem à ceux du club anglais de Walmer & Kingsdown, qui fête aussi cette année ses 100 ans d’existence. Outre d’autres prix réservés aux Juniors, Ladies, Coopérateurs, Seniors, escrimeurs et bridgeurs, le point d’orgue est sans conteste le traditionnel prix du Roi, épreuve fédérale qui se déroulera les 20 et 21 juin avec les meilleurs amateurs du Royaume. Ceux-ci tenteront peut-être de battre le record du parcours, détenu par Donald Swaelens (60, avec 4 eagles dont un hole-in-one sur le trou n° 3). Mais à l’impossible, nul n’est tenu ! La semaine suivante, le Tournoi du Centenaire sera plus "folklorique", puisqu’il se jouera avec les clubs d’époque, et sera suivi d’un spectacle et d’un dîner de gala. Réservations obligatoires et rapides, vu que les places sont limitées.