Woods maître à Pebble Beach ?

L’US Open, deuxième levée du Grand Chelem 2010, débute ce jeudi sur le parcours californien de Pebble Beach. Sur ce “links” considéré comme l’un des plus beaux du monde, Tiger Woods abattra sans conteste une carte importante non seulement dans le cadre de sa saison, toujours vierge du moindre succès, mais aussi, probablement, pour la suite de sa carrière.

Hugues Feron

L’US Open, deuxième levée du Grand Chelem 2010, débute ce jeudi sur le parcours californien de Pebble Beach. Sur ce “links” considéré comme l’un des plus beaux du monde, Tiger Woods abattra sans conteste une carte importante non seulement dans le cadre de sa saison, toujours vierge du moindre succès, mais aussi, probablement, pour la suite de sa carrière. Au niveau des “Majors”, son compteur reste en effet toujours bloqué à 14 victoires, à quatre longueurs du record mythique de Jack Nicklaus (18). Or, depuis qu’il a repris la compétition en avril dernier lors du Masters, le n°1 mondial n’est plus que l’ombre du champion hors-pair qu’il a été ces dernières années. Après avoir terminé 4e ex aequo à Augusta, Woods a raté le cut fin avril au tournoi de Charlotte, avant d’être contraint à l’abandon suite à une blessure au cou au Players Championship à Sawgrass. Il y a quinze jours enfin, il a terminé le tournoi du Memorial, où il était tenant du titre, à une anonyme 19e place du côté de Dublin (Ohio), à douze coups du vainqueur anglais Justin Rose. Ce résultat lui a permis cependant de conserver de justesse sa place de n°1 mondial, alors qu’il est désormais talonné à ce niveau par son (éternel ?) dauphin Phil Mickelson. Le gaucher américain, brillant vainqueur du Masters, le dépassera d’ailleurs en cas de succès dimanche à Pebble Beach, conjugué à une nouvelle contre-performance de Woods.

C’est dire si la pression montera d’un cran sur les épaules de Tiger, qui tarde véritablement à sortir ses griffes… et ses coups de génie dont il avait le secret. Selon les observateurs avertis, ses problèmes extraconjugaux ne sont pas étrangers à cet état de fait, son compatriote Stewart Cink (vainqueur du British Open 2009) ayant d’ailleurs déclaré récemment qu’“il a clairement d’autres choses en tête que le golf en ce moment. En golf, si on n’est pas bien mentalement, ça se voit directement sur le parcours…”.

Dans ce cadre, Pebble Beach, dont les magnifiques greens et fairways s’étendent au bord de l’Océan Pacifique, est sans conteste un endroit où Tiger pourrait retrouver pleinement ses sensations. Ce parcours, qui n’a couronné que des champions dans le passé (Jack Nicklaus en 1972, Tom Watson en 1982, Tom Kite en 1992) fut en effet le théâtre d’un de ses exploits les plus prodigieux. En 2000, il y a dix ans quasiment jour pour jour, Woods y avait en effet remporté son troisième Major en s’imposant de maîtresse manière à douze coups sous le par, en étant le seul des 156 concurrents à terminer sous le par. Il avait ainsi relégué ses plus proches adversaires, le Sud-Africain Ernie Els et l’Espagnol Miguel Angel Jimenez, à… quinze coups ! Ce qui reste à ce jour le plus grand écart réalisé par le vainqueur d’un Major.

Outre Mickelson, qui partagera ses deux premières parties avec Padraig Harrington et le Coréen Y.E. Yang, de nombreux joueurs semblent cependant bien affûtés pour contrecarrer les desseins de Woods. A commencer par l’Anglais Lee Westwood, vainqueur en barrage dimanche à Memphis pour mettre fin à 12 ans de disette sur le PGA Tour, qui évoluera aux côtés de Woods et d’Els. Habitué aux places d’honneur, il semble mûr pour remporter (enfin) son premier succès dans un Major, tout comme ses compatriotes Ian Poulter et Luke Donald, bien en vue ces dernières semaines aux quatre coins de la planète golfique. Les expérimentés Ernie Els et Jim Furyk, déjà vainqueurs à deux reprises cette saison et qui occupent les deux premières places de la FedEx Cup sur le PGA Tour, ne sont pas non plus à oublier, ainsi que Retief Goosen, les jeunes prodiges Camilo Villegas et Rory McIlroy ou encore les Australiens Adam Scott et Geoff Ogilvy.

A noter par ailleurs que le jeune Anthony Kim, qui possède la meilleure moyenne de score (69.26 !) depuis le début de la saison sur le PGA Tour, ainsi que Justin Rose, ne seront pas présents à l’US Open. Le premier s’est en effet blessé au pouce, tandis que le second ne s’est tout simplement pas… qualifié ! Ce Major n’a en effet pas la prétention de réunir tous les meilleurs joueurs du monde, mais d’offrir à tous les participants la chance d’évoluer sur l’un des parcours les plus périlleux des Etats-Unis. Une surprise n’est ainsi jamais à exclure, à l’instar de celle réalisée l’an dernier par Lucas Glover, vainqueur à Bethpage après être sorti des qualifications…

© La Libre Belgique 2010

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