Un air de vuvuzela

On pensait qu’il ne tiendrait pas la distance. Qu’il craquerait sous la pression. A l’arrivée, Louis Oosthuinen a toujours contrôlé les débats et a remporté ce 139e British Open avec une confortable avance, sans jamais avoir réellement tremblé.

Miguel Tasso
Un air de vuvuzela
©Photonews

On pensait qu’il ne tiendrait pas la distance. Qu’il craquerait sous la pression. A l’arrivée, Louis Oosthuinen a toujours contrôlé les débats et a remporté ce 139e British Open avec une confortable avance, sans jamais avoir réellement tremblé.

Etonnant destin, en vérité, que celui de ce Sud-Africain de 27 ans, 54e mondial et ancien élève de la Fondation Ernie Els. En s’imposant, au printemps dernier, lors de l’Open d’Andalousie, il avait certes affiché au grand jour ses qualités. Mais nul ne l’imaginait cependant capable de gagner un tournoi du Grand Chelem, a fortiori un British Open sur le Old Course de St. Andrews. Pensez donc : il n’avait jamais encore passé le cut dans cette compétition. Et pourtant !

En état de grâce depuis jeudi, Oosthuizen a dicté sa loi à la façon des plus grands. Beaucoup pensaient que, lors de la dernière journée, le poids de l’histoire pèserait trop lourd sur ses épaules inexpérimentées. Il n’en fut rien. Partageant la partie de l’Anglais Paul Casey, pointé à 4 coups seulement, le Sud-Africain resta d’un calme olympien, alignant les pars à la façon d’un vétéran, ne commettant pas la moindre faute. Mieux : sur le trou n°9, il enquilla un putt d’une vingtaine de mètres pour un improbable eagle. Casey, KO debout, ne s’en remit jamais. D’autant que sur le n°12, l’Anglais concédait un triple bogey là où son partenaire signait un birdie. La messe était dite. In fine, Oosthuizen s’imposait donc avec 7 coups d’avance sur Lee Westwood et 8 sur McIlroy, Stenson et Casey. "C’est incroyable et inespéré. J’étais un peu nerveux au départ. Mais, sur le parcours, je me suis vite senti en confiance" déclara le vainqueur.

Pour le reste, ce curieux British Open a sonné la déroute des favoris, à l’image des Américains Tiger Woods et Phil Mickelson qui, trop irréguliers dans le vent, n’ont jamais lutté pour la gagne.

A la réflexion, seul le jeune et talentueux Rory McIlroy aurait peut-être pu freiner la folle marche en avant de Oosthuizen. Malheureusement, victime d’un vent mauvais, il rentra vendredi une carte hallucinante de 80. Malgré cette catastrophe, l’Irlandais du Nord termine sur le podium. C’est dire.

Les statisticiens remarqueront encore la présence de quatre joueurs européens dans le "Top 5" : encourageant avant la Ryder Cup d’octobre prochain. Il n’empêche : c’est la vuvuzela, davantage que la cornemuse, qui était à l’honneur, hier soir, à St. Andrews. Huit ans après Ernie Els, c’est un autre champion sud-africain qui a hérité de la fameuse aiguière d’argent. Et cette victoire, fût-elle surprenante, ne doit rien à personne.