Vanmeerbeek : "Sur les rails, mais pas encore la bonne voie"

Le coach de Nicolas Colsaerts analyse son début de saison. Sans langue de bois.

Entretien Hugues Feron
Vanmeerbeek : "Sur les rails, mais pas encore la bonne voie"
©Photo News

Nous avons fait le point en ce début de semaine avec Michel Vanmeerbeek, le coach de Nicolas Colsaerts, avant qu’il ne s’envole pour les Etats-Unis (voir par ailleurs).

M. Vanmeerbeek, comment analysez-vous le début de saison de Nicolas ? Répond-il à vos attentes ?

Je ne vous cache pas que je suis un peu déçu, du moins au niveau du résultat brut. Un cut raté, une 20e place et une autre au-delà de la 50e, c’est bien maigre par rapport aux efforts déployés. Mais bon, il y a eu de très bons moments, nous avons "titillé" la première place au cours de deux tournois, tandis que LA bonne nouvelle est quand même d’avoir trouvé un excellent niveau au putting.

Justement, avec ce niveau de putting (107/108 à moins d’1,5m et 25/34 entre 1,5m et 3m, 1er du PGA Tour 2014, NdlR), qui était quand même son point faible l’an dernier, comment expliquez-vous qu’il ne performe pas par ailleurs ?

Nicolas ne maîtrise pas encore tous les moments dans une partie. C’est un manque de discipline mentale. A ce niveau, il est bien sûr impossible d’être à 100 % sur chaque coup, mais il faut que Nicolas parvienne à ne pas descendre sous une certaine barre, que l’on pourrait placer à 75 ou 80 %. A savoir ne pas commettre de grosses erreurs qui se paient cash, sous la forme d’un double ou d’un triple bogey. Il réalise actuellement un gros travail avec sa coach mentale new-yorkaise Julie Elion, pour comprendre notamment pourquoi il lâche parfois prise, pourquoi il a un moment d’égarement… avant de se reprendre dès le trou suivant !

C’est donc un problème mental ?

D’endurance dans l’attitude, sur l’ensemble d’un tournoi, oui. Au niveau purement technique, Nicolas a été remis sur les rails lors de sa préparation hivernale à l’île Maurice. Mais il doit encore trouver la bonne voie, c’est-à-dire toucher plus de fairways et de greens. A Torrey Pines, cela ne s’est pas joué à grand-chose, souvent à un mètre ou deux, mais c’est ce qui fait toute la différence. Son long jeu doit rester son point fort, c’est ce que nous allons travailler ces prochains jours à Palm Springs.

Son long jeu, c’est principalement avec son driver… ne chipote-t-il pas trop à ce niveau depuis de nombreux mois ?

Depuis plusieurs années, Nicolas joue avec un Callaway Razr. Il a effectué de nombreux tests avec le driver Callaway Big Bertha Alpha, qui ont été très positifs. Mais il ne l’a pas encore complètement adopté, pour des raisons qui lui sont propres, alors qu’il y gagne tant en longueur qu’en précision. Mais comme tout sportif, il a ses manies, ses habitudes, et c’est parfois difficile de changer ! A Scottsdale, la tête de son driver Razr a lâché au practice, mais il a préféré la recoller plutôt que de prendre son Big Bertha. Là aussi, il a besoin d’être renforcé mentalement, en n’ayant plus aucun doute sur le matériel mis à sa disposition. Il a toutes les armes pour remonter la pente. Mais chez Nicolas, cela ne se fait pas sans perte et fracas. C’est comme ça…

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