Victor Dubuisson, de plus en plus ardent

Le Français de 23 ans a frappé fort en atteignant la finale de l’Accenture Match Play.

Hugues Féron
MARANA, AZ - FEBRUARY 21: Victor Dubuisson of France plays hits a tee shot on the 17th hole during the third round of the World Golf Championships - Accenture Match Play Championship at The Golf Club at Dove Mountain on February 21, 2014 in Marana, Arizona. Andy Lyons/Getty Images/AFP == FOR NEWSPAPERS, INTERNET, TELCOS & TELEVISION USE ONLY ==
MARANA, AZ - FEBRUARY 21: Victor Dubuisson of France plays hits a tee shot on the 17th hole during the third round of the World Golf Championships - Accenture Match Play Championship at The Golf Club at Dove Mountain on February 21, 2014 in Marana, Arizona. Andy Lyons/Getty Images/AFP == FOR NEWSPAPERS, INTERNET, TELCOS & TELEVISION USE ONLY == ©AFP

Le golf français est en ébullition depuis quelques jours. Et pour cause : Victor Dubuisson, 23 ans, a marqué les esprits lors de l’Accenture Match Play, disputé à Dove Mountain (Arizona). Non seulement en ayant battu trois vainqueurs de majors (Bubba Watson, Graeme McDowell et Ernie Els), mais aussi en ayant fait preuve d’un incroyable sang-froid et d’une belle audace en finale contre l’Australien Jason Day, vainqueur au 23e trou de cette partie d’enfer (voir "Libre" du 24 février).

A vrai dire, cette éclosion n’est qu’une demi-surprise, ce joueur hexagonal ayant véritablement de l’or dans les mains, tant au niveau de sa frappe de balle, solide et puissante, que de son petit jeu, d’une précision d’orfèvre. Et comme son mental est désormais du même accabit, son arrivée au faîte de la hiérarchie mondiale n’était qu’une question de patience et de temps.

Du temps, ce Cannois en a déjà beaucoup gagné depuis qu’il a décidé, à l’âge de 7 ans, de devenir golfeur professionnel en regardant Tiger Woods revêtir sa première Green Jacket au Masters d’Augusta.

Il a quitté l’école à l’âge de 11 ans

"Je voulais jouer comme lui, tout le temps. J’ai d’ailleurs quitté l’école dès l’âge de 11 ans, car je ne parvenais plus à combiner cela avec toutes mes heures passées au practice et sur les parcours à travers la France, puis d’Europe", commente ce joueur issu du club de Mandelieu (Alpes-Maritimes) et soutenu ensuite par la Fédération française de golf.

Un choix particulièrement dangereux que Dubuisson, dont l’oncle Hervé était basketteur dans l’équipe nationale de France (et l’un des plus doués de sa génération, au même titre que Richard Dacoury), ne regrette pas à l’heure actuelle.

Doté d’un véritable talent naturel, Victor a gravi les échelons quatre à quatre, en étant notamment sélectionné dès l’âge de 16 ans dans l’équipe européenne de Ryder Cup Junior en 2006. Deux ans plus tard, il remporte l’Open amateur du Mexique et, via de nombreuses places d’honneur par ailleurs, devient n°1 mondial au World Ranking amateur. A 20 ans, il décide alors de passer pro, et obtient sa carte sur l’European Tour en passant les trois étapes de la Qualifying School.

Ses premières années sur le circuit sont cependant difficiles, alternant les bonnes périodes (3 Top 10 lors de sa première saison) avec celles de doute, en manquant de constance dans son jeu et ses résultats. Ses relations avec les médias ne sont également pas très bonnes. Ce qui est, somme toute, assez logique. Timide à l’extrême et doté d’un caractère entier, Dubuisson ne se sent bien que sur le parcours, où il fait parler son explosivité, et pas devant un micro ou une caméra !

Masters d’Augusta et Ryder Cup

Après avoir conservé sa carte lors de ses deux premières années, le Cannois, désormais domicilié dans la principauté d’Andorre, a frappé un premier grand coup en fin de saison dernière, en remportant le Turkish Airlines Open à Belek au nez et à la barbe de joueurs comme Tiger Woods, Ian Poulter et Justin Rose. Un premier succès pro, mais non des moindres dans cette épreuve des "Final Series" dotée de 7000000$ qui, conjuguée à sa 3e place la semaine suivante au DP World Tour Championship à Dubaï, lui a ouvert les portes du Top 50 mondial et du Masters d’Augusta, première levée du Grand Chelem disputée en avril prochain. Vu ses nombreux points marqués ces derniers mois, il est désormais également assuré à 99 % de faire partie de l’équipe européenne de Ryder Cup qui défendra son trophée face aux Etats-Unis en septembre à Gleneagles (Ecosse). Reste à voir désormais comment il se comportera lors des prochains majors, alors que le golf français attend toujours un successeur à ce niveau à Arnaud Massy, vainqueur du British Open en… 1907. Ses collègues français, tels Jean Van de Velde et Gregory Havret, passés tous deux à deux doigts de cet exploit, y croient en tout cas dur comme fer : "Dubush", derrière son sourire énigmatique et sa petite barbichette, n’a pas fini de faire parler de lui…