Nicolas Colsaerts: "Un jour ou l’autre, ça va passer"

Frustré par son début de saison, Nicolas Colsaerts garde le moral.

Interview>Miguel Tasso
SCOTTSDALE, AZ - JANUARY 31: Nicolas Colsaerts of Belgium plays a shot on the 13th hole during the second round of the Waste Management Phoenix Open at TPC Scottsdale on January 31, 2014 in Scottsdale, Arizona. Robert Laberge/Getty Images/AFP == FOR NEWSPAPERS, INTERNET, TELCOS & TELEVISION USE ONLY ==
SCOTTSDALE, AZ - JANUARY 31: Nicolas Colsaerts of Belgium plays a shot on the 13th hole during the second round of the Waste Management Phoenix Open at TPC Scottsdale on January 31, 2014 in Scottsdale, Arizona. Robert Laberge/Getty Images/AFP == FOR NEWSPAPERS, INTERNET, TELCOS & TELEVISION USE ONLY == ©AFP

Avant de s’envoler pour Puerto-Rico, où il jouera la semaine prochaine sur le PGA Tour, Nicolas Colsaerts était, hier, de passage à Bruxelles. L’occasion de tirer un premier bilan de son début de saison.

Quelle analyse faites-vous de vos quatre premiers tournois ?

Il y a une grande frustration. Je me suis chaque fois retrouvé au haut du leaderboard et j’ai, chaque fois, pris un jeton en pleine figure. Un triple bogey m’a mis KO à Torrey Pines, j’ai abîmé deux drivers à Phoenix, je me suis retrouvé dans un sale bunker à Los Angeles. C’est très énervant car j’ai le sentiment d’avoir tout bien fait. Parfois, le soir, j’ai eu envie de tout casser ! Mais, en même temps, c’est le golf. Et il me faut l’accepter. Je dois parvenir à mieux accepter les injustices, à évacuer davantage…

Hormis tous ces malheurs, votre jeu semble bien en place…

Oui. C’est la bonne nouvelle. Je joue bien dans tous les secteurs, même le petit jeu. J’ai de bonnes sensations. Tôt ou tard, ça tiendra jusqu’au bout…

Quel est le rôle de Julie Elion, psy du sport, dans votre évolution récente ?

Elle m’apporte beaucoup. Elle connaît très bien le golf. Elle travaille depuis longtemps avec Phil Mickelson. Mais elle ne se limite pas aux seuls paramètres sportifs. Avec elle, je discute de tout. Je me mets à nu. C’est un check-up mental complet. Les résultats sont très positifs. J’ai le sentiment de mieux gérer les situations difficiles, de faire davantage confiance à mes sens, de mieux me connaître. Elle m’a aussi appris, quelque part, à intégrer et à accepter la mentalité américaine.

C’est-à-dire ?

Tout le monde le sait : je ne suis pas fan de la vie quotidienne aux States. Je n’aime pas cette routine dans les hôtels, cette nourriture répétitive, cette superficialité. Mais, à force d’en parler avec elle, je m’adapte beaucoup mieux, je trouve mes marques…

Vous avez quitté le Top 100 mondial et vous n’avez provisoirement plus un accès direct à tous les tournois. Comment voyez-vous la suite de la saison ?

Dans un premier temps, je vais privilégier le PGA Tour et la FedEx Cup. Il suffit de deux ou trois bons résultats pour repartir vers le haut. Si, en juin, je n’ai pas réellement décollé, il sera temps de revenir davantage sur le circuit européen. Car je ne voudrais me retrouver en décembre sans aucun accès aux deux circuits ! Heureusement, en golf, tout peut aller très vite dans les deux sens. Là, c’est vrai, j’ai la pression sur les épaules. Mais je ne suis pas inquiet. Le jeu est là. L’objectif est toujours de gagner un tournoi PGA cette année. Durant toute ma carrière, je me suis souvent retrouvé dos au mur. Et j’ai toujours su rebondir…

Et la Ryder Cup ?

Ce n’est pas d’actualité pour le moment. Ce n’est pas une priorité. Le rêve est, bien sûr, présent dans un coin de ma tête. Je peux toujours hériter d’une wild card. Mais il me faudra, d’abord, bien jouer et bien scorer. Le reste se fera tout seul. La sélection tombe à la fin de l’été, il me reste du temps…

Les belles performances du Français Victor Dubuisson, qui a le même style de jeu flamboyant, vous inspirent-elles ?

Oui, c’est sûr. Comme moi, c’est un joueur instinctif et créatif. Lorsqu’il est en confiance, il peut tout gagner, surtout en match play.