Golf: Bubba Watson, en vert et contre tous

Le gaucher Bubba Watson a remporté son deuxième Masters.

Miguel Tasso
Golf: Bubba Watson, en vert et contre tous
©AFP

Lorsqu’il avait remporté son premier Masters, en 2012, grâce à une improbable victoire en playoff face à Louis Oosthuizen, certains observateurs avaient ironisé sur le jeu atypique - et un peu primaire - de Bubba Watson. De fait, le gaucher américain a toujours aimé prendre des risques et jouer à l’instinct, sans trop se poser de questions.

Mais il sait aussi, le cas échéant, faire preuve de patience, jouer juste et gérer une carte de score.

Il l’a prouvé, dimanche, en s’offrant sa deuxième "green jacket" sur le parcours mythique de l’Augusta National.

Fidèle à son ADN d’attaquant génial, il a, bien sûr, régalé la galerie de coups hallucinants, jouant de son driver rose comme d’un obusier.

Mais il a aussi maîtrisé le parcours, dompté les greens, contrôlé ses rivaux. Même lorsque, lors du dernier tour, le jeune et ambitieux Jordan Spieth - 20 ans et un profil de futur n°1 mondial - a pris la tête du tournoi, Bubba ne s’est pas affolé. Il a serré le jeu et noirci son regard. Et il a porté l’estocade. A sa façon. Avec son style nonchalant et sans avoir l’air d’y toucher. Du grand art !

"Cette victoire est très différente de la première. En amont, elle est le fruit de beaucoup de travail", a confié le vainqueur, ému jusqu’aux larmes lorsque son fils adoptif Caleb, 2 ans, vint à sa rencontre sur le green du dernier trou.

Fût-il surdoué (il n’a jamais pris de leçon) et doté d’une incroyable force créatrice, Bubba est aussi un perfectionniste et un bosseur. On ne gagne pas deux fois le Masters par hasard.

On évoque souvent, à son endroit, la qualité de ses drives qui fusent à plus de 300 m (comme, dimanche, sur le trou n°13) ou ses "balles magiques" qui évitent les obstacles grâce à des trajectoires télécommandées (comme lorsqu’il se retrouva dans une pinède sur le trou n°15).

"Pour moi, le golf est d’abord un jeu et un plaisir. Gamin, je m’entraînais déjà à contourner les arbres dans le jardin", répète-t-il, amusé.

Une ambition sans limite

Mais Watson, 35 ans, est devenu un joueur complet, solide dans tous les secteurs. La précision horlogère avec laquelle il maîtrisa les greens diaboliques d’Augusta en dit long sur son putting.

Hier, le Floridien pointait à la quatrième place du ranking mondial. Et compte tenu de la blessure de Tiger Woods et des errements des Adam Scott, Henrik Stenson, Sergio Garcia, Rory McIlroy ou Phil Mickelson, on se dit qu’il pourrait parfaitement prétendre au trône de "number one". N’en déplaise à ses détracteurs !

Dans ses mains, Bubba a tous les coups du golf. Et si le mental commence à suivre, l’artiste peut voir haut, très haut. "Après mon premier succès de 2012, j’avais connu une période de galère. Il m’a fallu digérer ce nouveau statut. Là, je me sens beaucoup plus fort. A tous les niveaux…"