"Pour Thomas Detry, tous les paramètres sont au vert"

Entretien avec Jérôme Theunis, l'un des coachs du champion belge.

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© AP

En terminant à la deuxième place de l’Open d’Écosse au terme d’une fantastique prestation, Thomas Detry a frappé un grand coup. À la veille du British Open qui débute ce jeudi sur le links du Royal St. George’s, son coach Jérôme Theunis fait le point sur l’évolution de son élève.

Quelles leçons tirez-vous de la performance de Thomas en Écosse ?

“Objectivement, je pense qu’il s’agit du meilleur tournoi de sa carrière. Il a été costaud dans tous les secteurs du jeu durant quatre tours. Il a joué long, il rentrait des putts compliqués sous pression, il a fait preuve d’une grande maîtrise technique et tactique. Rien à dire, sinon bravo !”

Mais, à l’arrivée, il termine deuxième pour la sixième fois de sa carrière et il n’a toujours pas remporté cette fameuse première victoire sur le Tour ?

“C’est vrai. Mais cette fois, il n’a rien à se reprocher. Il a tout bien fait. Il a tout donné. Il est juste tombé sur un Lee exceptionnel qui a aligné six birdies consécutifs le dernier jour. Il n’a aucune raison d’être déçu. Au contraire !”

On a le sentiment que Thomas, 28 ans, progresse en permanence. Est-ce aussi votre avis ? Jusqu’où peut-il monter les marches ?

“C’est un garçon équilibré, intelligent, posé. Chaque tournoi lui sert d’expérience. Il arrive peu à peu à maturité. Il a désormais en main les clés intérieures pour performer. Techniquement, il a encore gagné en longueur. On l’a vu sur le parcours de North Berwick : il est désormais quasiment aussi long que Jon Rahm, le n° 1 mondial. Et mentalement, il gère de mieux en mieux ses émotions. Ce week-end, il a été très solide au putting même sous pression. Je ne suis pas sûr qu’il aurait rentré les mêmes putts voici deux ans. Il est en pleine confiance. Il attaque les drapeaux. C’est bon signe. Et, parallèlement, je crois qu’il est très bien dans sa tête. Heureux dans sa vie et heureux dans son métier. Tous les paramètres sont au vert.”

Et maintenant, le British Open !

“Oui, c’est la cerise sur le gâteau. Thomas adore jouer sur des links. Au Royal St. George’s, il va être servi. Dans sa forme actuelle, tout est possible. Il devra faire preuve de régularité, de patience et de précision. Au British, les roughs sont très épais. Les balles devront donc rester sur les rails ! Mais je suis plutôt optimiste. Ses statistiques sont très positives.”

Et, dans la foulée, il y aura les Jeux olympiques. Peut-on croire en une médaille ?

“Thomas Detry et Thomas Pieters font partie des meilleurs joueurs du monde. Ils auront donc, l’un et l’autre, leur chance. Ils ont une grande culture sportive et sont très motivés par cette compétition olympique. Dès la semaine prochaine, nous préparerons ensemble le rendez-vous japonais. Avec de grandes ambitions !”