La deuxième vie de Tiger Woods

L’icône du golf mondial participe ce week-end à son premier tournoi depuis son accident de voiture. Son fils Charlie sera son équipier.

La deuxième vie de Tiger Woods
©AFP

De son propre aveu, il a échappé de peu à la mort. Lorsqu’il évoque son mystérieux accident de voiture de février dernier à Los Angeles, Tiger Woods n’est pas très loquace. “Je mesure la chance d’être toujours en vie. Et je suis très reconnaissant que quelqu’un prenne ainsi soin de moi de là-haut. Le risque d’amputation était réel”, a-t-il confié lors d’une récente conférence de presse.

Aujourd’hui, dix mois plus tard, le Tigre a retrouvé une forme d’autonomie. Il se déplace sans béquille et a même repris le chemin du practice. Mieux : ce week-end, il va participer avec son fils Charlie, 12 ans, au PNC Championship, un tournoi sur invitation où des champions de légende font équipe avec un membre de leur famille. Le genre d’événement dont les télés américaines raffolent.

De là à imaginer un énième come-back au sommet du héros black des greens, il y a toutefois de la marge. “Je me dois d’être réaliste. Je ne suis plus capable de rejouer à plein temps sur le PGA Tour. Mon corps ne me le permet plus. C’est une évidence. En revanche, j’envisage de participer encore à quelques grands tournois pour lesquels j’essaierai de me préparer au mieux…”

Entre les lignes, on peut donc imaginer que, si tout va bien, l’ancien n°1 mondial pourrait en 2022 disputer l’un ou l’autre Grand Chelem grâce à des wild cards. Le délai risque d’être un peu court pour le Masters d’Augusta, programmé en avril. Mais pourquoi ne pas imaginer sa présence à la 150e édition du British Open, en juillet, sur le Old Course de St. Andrews où il a déjà signé tant d’exploits ?

Ceci dit, ce retour au sommet n’est pas la priorité de l’icône du swing mondial. À près de 46 ans, le nouveau Woods est devenu très philosophe. Il apprécie désormais les bonheurs simples de la vie et savoure autant le chant des oiseaux que celui des birdies. Certes, il aimerait suivre les traces du légendaire Ben Hogan qui, au début des années cinquante, avait signé une fabuleuse deuxième carrière après avoir été cloué au lit durant plus d’un an suite à un terrible accident de circulation (collision frontale de sa Cadillac avec un autocar).

Mais il n’en fait pas une obsession. “Dans ma vie, j’ai dû gravir plusieurs fois gravir l’Everest. Je l’ai fait. Cette fois, c’est différent. Je n’ai plus besoin d’être le meilleur joueur du monde pour être heureux. Je n’ai, plus rien à prouver”, ajoute-t-il, plein de philosophie.

Le PNC Championship, qui débute ce samedi à Orlando, révélera au grand jour sa forme actuelle. Certes, c’est un tournoi très fun, qui se joue sur 36 trous en formule “scramble” (on prend la meilleure balle de chaque équipe). Il n’y aura ni stress ni pression. Et Tiger jouera, en prime, en voiturette. Mais il ne pourra néanmoins pas cacher son swing. Et, pour bien le connaître, on se dit que s’il a accepté le challenge, ce n’est évidemment pas pour être ridicule devant le monde et devant son fils.

Charlie, nous y voici ! Et si c’était lui la nouvelle priorité de l’ancien numéro un mondial ? Le fils prodige, copie conforme de son paternel (notamment dans les attitudes et les mimiques), avait déjà impressionné l’an passé lors de ce même tournoi. Depuis, il a encore fait d’énormes progrès. “Sa vitesse de swing est actuellement supérieure à la mienne ! Il rentre régulièrement des cartes inférieures à 80 en jouant des boules noires, comme les pros…” sourit le papa, visiblement fier.

D’ailleurs, chez les bookmakers, la première victoire de Charlie Woods dans un Grand Chelem fait déjà l’objet d’une cote officielle.