US Open : le sacre du patient Anglais

Matthew Fitzpatrick a remporté son premier Major au terme d'un tournoi passionnant

US Open : le sacre du patient Anglais
©AFP

Neuf ans après y avoir triomphé en amateur, sur ce même parcours de Brookline (Massachusetts), l'Anglais Matt Fitzpatrick a fait de l'US Open, levée du Grand Chelem, le premier titre de sa carrière sur le circuit nord-américain PGA, dimanche.

Auteur de plusieurs putts spectaculaires, le golfeur de 27 ans, a devancé dans un final palpitant, avec un coup de mieux, les Américains Scottie Scheffler, N.1 mondial vainqueur du Masters en avril, et Will Zalatoris (14e) qui échoue encore à la deuxième place un mois après le Championnat PGA.

"Je n'ai pas de mots. C'est ce dont vous rêvez en grandissant. C'est quelque chose pour lequel j'ai travaillé si dur pendant si longtemps. Ma première victoire. Dans un Majeur. Il n'y a rien de mieux", a commenté le 18e joueur mondial.

Originaire de Sheffield, il n'avait que 18 ans quand il s'est imposé en 2013, au Country Club sis dans la banlieue de Boston. Onze autres golfeurs ont réussi pareil doublé, dont le légendaire Jack Nicklaus, le seul qui l'a fait comme lui sur un même parcours, celui de Peeble Beach en Californie.

"Cela signifie beaucoup de savoir que mon nom est à côté du sien. Je ne sais pas s'il m'écoute, mais il m'a un peu chambré en début d'année, quand j'ai obtenu ma carte de membre du Bears Club (propriété de Nicklaus, ndlr). Il m'avait dit +Enfin! Félicitations, pour avoir cette victoire aux Etats-Unis+. Je peux maintenant lui dire +Jack, j'ai gagné une deuxième fois cette année+", a-t-il dit en souriant.

Ce faisant, Fitzpatrick est devenu le septième golfeur de l'histoire à faire d'un Majeur son premier titre, après Orville Moody (US Open 1969), Paul Lawrie (British Open 1999), Shaun Micheel (Championnat PGA 2003), Michael Campbell (US Open 2005), Louis Oosthuizen (British Open 2010) et Danny Willett (Masters 2016).

Avant cette consécration, son parcours professionnel a connu ses plus belles heures sur le circuit européen, où il a glané sept titres en 2015 et 2021. Il y a un mois, il avait fini 5e du Championnat PGA.

C'est donc plutôt en forme qu'il a abordé cet US Open, nourri de surcroît par une confiance héritée de son passif heureux à Brookline. "Je l'ai dit et répété, j'ai été tellement performant ici par le passé... J'ai bien frappé la balle toute la semaine. Alors, je vais le dire parce que j'ai gagné, mais j'ai surtout réussi quelques coups incroyables en fin de partie".

Difficile de le contredire. Après s'être montré patient en première partie de parcours, qui a vu Scheffler momentanément s'échapper avant de marquer le pas en 3e position, il a notamment réussi un putt impressionnant d'une quinzaine de mètres au N.13, qui a fait birdie pour revenir à hauteur de Zalatoris, alors en tête.

Puis au N.15, il est magnifiquement sorti du rough, les herbes hautes, bonifiant son approche d'un putt guère évident mais maîtrisé. Pendant ce temps, Zalatoris craquait en commettant un bogey.

Avec deux coups d'avance sur ses rivaux, à trois trous de la fin, Fitzpatrick n'a pas flanché nerveusement quand Zalatoris et Scheffler revenaient à une unité, après avoir fait birdie respectivement aux N.16 et N.17.

Il fallait ne pas commettre d'erreur sur la route du dernier trou. Ce que son coup du fairway droit dans le bunker a constitué. Mais il a su rectifier le tir superbement, pour atteindre le green et assurer le par victorieux.

"C'est l'un des meilleurs coups que j'aie pu frapper de toute ma vie. Quand j'ai vu la balle sortir du sable, je n'aurais pas pu être plus heureux", a-t-il réagi.

Cet US Open marquait le retour des bannis de la PGA, qui ont cédé aux sirènes de la ligue dissidente LIV Golf, financée par l'Arabie saoudite. Quatre joueurs sur les 15 concernés ont franchi le cut, Dustin Johnson finissant à la meilleure place (24e +4).

L'argent étant à la source du schisme, Fitzpatrick va encaisser un chèque record en PGA de 3,15 millions de dollars. Moins que Charl Schwartzel, premier vainqueur d'un tournoi estampillé LIV, qui a touché 4,75 millions la semaine passée à Londres.